Veille Espace Russie Mars 2020 - N°20-03

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PERSONALIA

Adilia Kotovskaïa, médecin et biologiste russe, est décédée
TASS, Rossiiskaïa Gazeta, RiaNovosti, 30 mars 2020
Adilia Kotovskaïa est décédée le 29 mars 2020 à Moscou, elle avait 92 ans. Médecin et biologiste russe, elle a joué un rôle crucial dans la sélection et l’entraînement des premiers cosmonautes. En particulier, Adilia Kotovskaïa a préparé la chienne Laïka, premier être vivant à être mis en orbite, Youri Gagarine, premier cosmonaute, et Guerman Titov, deuxième cosmonaute. Adilia Kotovskaïa a également préparé de nombreux spationautes français en vue de leurs vols à bord de Saliout, Soyouz, MIR et de la Station spatiale internationale (ISS). Elle a dirigé d’importants programmes de recherche visant à étudier l’effet de l’apesanteur et de la surcharge sur le corps humain au sein de l’Institut des problèmes médicaux et biologiques de l’Académie des sciences de Russie (IMBP). Sa contribution considérable à l’exploration spatiale et son implication dans la coopération franco-russe en matière de vol spatial, dont la dernière expérience en date Cardiomed, lui ont valu d’être récompensée de l’Ordre National du Mérite, nommée Citoyenne d’honneur de la ville de Toulouse et médaillée du Centre National d’Études Spatiales (CNES).
Dans une lettre à Oleg Orlov, Directeur de l’Institut des problèmes médicaux et biologiques de l’Académie des sciences de Russie (IMBP), Lionel Suchet, Directeur Général Délégué du CNES, a exprimé ses condoléances et transmis ses amitiés :
« (…) Nous considérons tous ici Mme Kotovskaïa comme une des pionnières, un pilier de la coopération franco-russe. Tous les ingénieurs et médecins français du vol spatial habité, dont je fais partie, la considéraient à juste titre comme leur « grand-mère spatiale », une référence pour nous tous.
Mme Kotovskaïa est pour toujours une très grande Dame de la cosmonautique russe et même mondiale. Son humilité et sa retenue pour parler des temps héroïques où elle était une des seules femmes à se rendre à Baïkonour aux côtés de SP Korolev n’avaient d’égal que les extraordinaires progrès qu’elle et ses équipes ont fait faire à la médecine spatiale opérationnelle.
Je suis fier d’avoir eu la chance de travailler à ses côtés pendant trente ans (…) Nous garderons d’elle de merveilleux souvenirs d’une grande dame à la fois volontaire, exigeante et aimante à la tête d’une équipe franco-russe réussissant tout ce qu’elle entreprenait. (…) »
Pierre Lévy, Ambassadeur de France en Russie, a présenté ses condoléances dans une lettre adressée à Dmitri Rogozine, Directeur général de Roscosmos :
« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Madame Kotovskaïa (…) Mes pensées vont tout d’abord à sa famille, puis à tous ses collègues et amis Russes et Français avec qui elle avait tant de plaisir à travailler. Je leur présente, au nom de la France, mes plus sincères condoléances. »

Changement de direction pour S7 Space
RiaNovosti, 27 mars 2020
Le 26 mars, Sergueï Savchenkov a remplacé Rano Djouraeva en tant que Directeur Général de S7 Space. Rano Djouraeva occupait le poste depuis mars 2019. S7 Space gère la plateforme mobile de lancement maritime Sea Launch, récemment relocalisée en Russie depuis les États-Unis.

PROGRAMME SPATIAL ET POLITIQUE

Borisov commissionné pour superviser la réalisation d’une feuille de route spatiale
TASS, RiaNovosti, 4 mars 2020
Le Premier Ministre Mikhaïl Michoustine a commissionné le Vice-Premier Ministre pour la Défense, l’Énergie et l’Industrie spatiale, Youri Borisov, pour superviser la réalisation d’une feuille de route gouvernementale sur le thème des « Perspectives des systèmes spatiaux ». La feuille de route, qui devra être réalisée dans un délai de trois mois, inclura des directives concernant l’élaboration de nouvelles constellations, la production en série de satellites, le développement de nouveaux lanceurs et la création de nouvelles technologies de transfert de données. Elle sera élaborée par Roscosmos avec la participation du Ministère de l’Industrie et du Commerce, du Ministère des Communications, du Ministère du Développement Économique, du Ministère de l’Éducation et des Sciences, de Gazprom et de Rosatom.

Les célébrations officielles de la Journée de la cosmonautique reportées au 4 octobre
TASS, Izvestia, RBK, 17 mars 2020
Les célébrations officielles de la Journée de la cosmonautique ont été reportées au 4 octobre en raison de la pandémie du COVID-19. Célébrée le 12 avril en Russie et dans plusieurs pays post-soviétiques depuis 1962, la Journée de la cosmonautique est une fête en l’honneur du premier vol habité de Youri Gagarine, réalisé le 12 avril 1961. Les célébrations ont habituellement lieu au Kremlin. Le 4 octobre marque le lancement du premier satellite artificiel, Spoutnik 1, effectué le 4 octobre 1957.

Roscosmos déclassifie des documents sur la première sortie humaine dans l’espace ouvert
Roscosmos, TASS, Izvestia, RBK, 18 mars 2020
Roscosmos a déclassifié plusieurs documents d’archives relatifs à la première sortie dans l’espace, parmi lesquels des notes du Bureau d’Etudes Expérimentales OKB-1, une transcription des rapports après-vol du commandant du vaisseau spatial Voskhod-2, Pavel Beliaïev, ainsi que de nombreux documents audio et photographies.
Le 18 mars 1965, l’URSS est devenue le premier pays à coordonner une sortie dans l’espace. La sortie de 12 minutes a été réalisée par Alexeï Leonov dans un scaphandre spatial « Berkut ». Leonov, attaché au vaisseau Voskhod-2, a pu s’en éloigner jusqu’à cinq mètres pour y mener quelques expériences et observations avant de réintégrer son vaisseau.

Une loi russe pour la navigation spatiale ?
TASS, 25 février 2020
Un député de la Douma et Vice-président du comité de la Douma sur la politique économique, l’industrie, le développement innovant et l’esprit d’entreprise, Denis Kravchenko, a proposé que la Russie initie l’élaboration d’une loi pour la navigation spatiale. Cette proposition surgit dans un contexte de « NewSpace », où le lancement de satellites est devenu plus accessible et donc beaucoup plus fréquent. Les projets de méga-constellations, tels que Starlink ou Sfera, menacent de saturer l’Espace proche, multipliant les débris spatiaux et augmentant le risque de collisions.

INTERNATIONAL

Spektr-UV : la participation du Japon envisagée
TASS, 16 mars 2020
Roscosmos a approuvé la participation du Japon au projet Spektr-UV, à condition que l’Agence spatiale japonaise (JAXA) respecte les délais de livraison des prototypes et des modèles d’essai, a rapporté Mikhaïl Satchkov, directeur adjoint de l’Institut d’Astronomie (INASSAN). Le Japon avait d’abord exprimé son intérêt pour Spektr-UV en mars 2019 et maintenant évalue la possibilité de fournir au projet un spectrographe pour la recherche d’exoplanètes. La signature d’un accord pourrait encore prendre plusieurs mois.
Spektr-UV (Observatoire spatial mondial – ultraviolet) est un projet international piloté par l’agence spatiale russe Roscosmos, en coopération avec l’Espagne, la Chine et l’Allemagne, visant à étudier l’Univers dans la région ultraviolette du spectre électromagnétique inaccessible aux observations avec des instruments au sol. Le lancement était initialement prévu pour 2007 mais a été repoussé de nombreuses fois. A présent, on estime que le satellite sera mis sur une orbite géosynchrone en 2025, à l’aide d’une fusée russe Angara-A5 depuis le cosmodrome de Baïkonour. Sa durée de vie en orbite prévue est de 10 ans.

Une base lunaire russo-chinoise ?
RiaNovosti, Kommersant, 14 mars 2020
La Russie et la Chine étudient la possibilité de création d’une base lunaire conjointe dans le cadre d’un groupe de travail bilatéral. La construction de la base s’appuierait sur les missions lunaires russes et chinoises à venir, tels que les programmes « Luna » russe et « Chang’e » chinois.
Le programme des sondes « Luna » vise à explorer la Lune afin de préparer un prochain atterrissage humain. Proposé par l’Institut de Recherche Spatiale (IKI RAN), il a été adopté dans le Programme Fédéral Spatial (PFS) 2016-2025 de la Russie. Le lancement de Luna-25 est prévu pour le 1er octobre 2021. Il sera suivi par Luna-26 dite « Orbiter » (lancement prévu en 2023) et Luna-27 dite « Resours » (lancement prévu en 2024).
Roscosmos et la China National Space Administration (CNSA) ont signé leur premier accord dans le domaine de l’exploration de la Lune en mars 2018. Il a été suivi en septembre 2019 de la signature de deux accords. Le premier a conclu la création d’un Centre de données conjoint pour l’exploration de la Lune et de l’espace lointain qui se déclinera en deux branches, une dans chaque pays. Le second ouvre la voie à une coopération sino-russe au niveau de la sonde Luna-26 et de la mission chinoise d’étude du pôle sud de la Lune, Chang’e-7.
Articles connexes publiés précédemment : Veille Espace Russie N°18-03, Veille Espace Russie N°19-08, 09, 10

Sergueï Krikaliev décoré de la médaille nippone de l’Ordre du Soleil Levant
TASS, 28 février, NovostiKosmonavtiki, 29 février 2020
L’Ambassadeur du Japon en Russie, Toyohisa Kozouki, a remis l’Ordre du Soleil Levant à Sergueï Krikalev, pilote et cosmonaute, Héros de l’Union soviétique et Héros de la Fédération de Russie, aujourd’hui Directeur exécutif des programmes spatiaux habités de Roscosmos, pour sa contribution à la coopération spatiale mondiale et russo-japonaise. La cérémonie s’est déroulée en présence de Koichi Wakata, Vice-président de l’Agence spatiale japonaise (JAXA), et de Pavel Vlasov, Directeur du Centre de formation des cosmonautes (Cité des Etoiles).
L’Ordre du Soleil Levant, créée en 1875, est une des distinctions les plus élevées du Japon. Elle est décernée pour accomplissements notables dans les domaines des relations internationales, de la promotion de la culture japonaise, des progrès dans un domaine de recherche ou de la préservation de l’environnement.

Un accord spatial Russie-Venezuela en préparation
TASS, 18 mars 2020
Le gouvernement russe a approuvé un projet d’accord de coopération spatiale avec le Venezuela. Roscosmos et le Ministère russe des Affaires étrangères seront en charge des négociations. L’accord portera sur plusieurs domaines tels que la recherche scientifique, la télédétection, la communication et la navigation par satellite, la géodésie, la météorologie, la biologie, la médecine, les vols habités, le lancement de satellites et la protection de l’environnement.

LANCEURS ET LANCEMENTS

Le lancement d’ExoMars2020 reporté à 2022
ESA, Roscosmos, TASS, 12 mars 2020
L’Agence spatiale européenne (ESA) et Roscosmos ont décidé de reporter à 2022 le lancement d’ExoMars2020, citant des difficultés techniques et la pandémie de COVID-19 pour cause. Dernièrement, l’avancée des préparations avait été freinée par des problèmes de parachutes, d’avaries électriques et de logiciels.
ExoMars2020 est une mission conjointe constituée du rover Rosalind Franklin, fourni par l’ESA, et de la plateforme d’atterrissage Kazatchok, fournie par Roscosmos, visant à explorer la planète rouge à la recherche de traces de vie. Le lancement était initialement prévu pour juillet-août 2020 à l’aide d’une fusée Proton-M/Breeze-M depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, avec une arrivée en mars 2021. La nouvelle a été annoncée à la suite d’une conférence téléphonique le 12 mars entre le Directeur Général de Roscosmos, Dmitri Rogozine, et le Directeur Général de l’ESA, Jan Wörner. Pour rappel, la fenêtre de tir pour les vols en direction de Mars ne s’ouvre que tous les vingt-six mois.
Article connexe publié précédemment : Veille Espace Russie N°19-12

Mise en orbite réussie de 34 satellites OneWeb
Roscosmos, Arianespace, OneWeb, 21 mars 2020
34 satellites de la constellation OneWeb ont été mis en orbite terrestre basse avec succès le 21 mars depuis le cosmodrome de Baïkonour à l’aide d’un lanceur Soyouz-2.1b/Fregat. Ce lancement est le troisième de la constellation OneWeb et le deuxième de la constellation cette année. Il porte à 74 le nombre total de satellites actuellement en orbite. Une fois complète, la constellation devrait atteindre 648 satellites.
La constellation OneWeb a été inaugurée en février 2019, avec le lancement des 6 premiers satellites OneWeb depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG) à l’aide d’une fusée Soyouz ST-B. C’est un projet conjoint de la start-up britannique éponyme et du leader français Airbus Defence and Space. Elle a pour but d’offrir un accès internet haut débit partout dans le monde, y compris en région Arctique. En 2015, Arianespace et OneWeb avaient signé un contrat pour la première phase de lancement la constellation, couvrant 21 lancements dont 19 Soyouz depuis trois cosmodromes (Kourou en Guyane française, Baïkonour au Kazakhstan et Vostochny en Russie) en 2020 et 2021. La constellation sera fonctionnelle dès 2020 et la couverture planétaire devrait être assurée à partir de 2021.
Article connexe publié précédemment : Veille Espace Russie N°20-02

Sea Launch est arrivée en Russie
RiaNovosti, TASS, 25 mars 2020
La plateforme mobile de lancement maritime Sea Launch, qui avait quitté le port de Long Beach en Californie fin février, est arrivée au port de Slavianka, dans le kraï du Primorié en Extrême-Orient russe, livrée sur le cargo chinois Xin Guang Hua.
Le projet Sea Launch a été développé dans les années 90 pour le lancement de satellites commerciaux en orbite terrestre basse depuis la ligne équatoriale dans l’océan Pacifique. Sea Launch a initialement été conçue pour le lancement de fusées Zenit ukrainiennes. La plateforme compte 36 lancements à son actif, le dernier datant de 2014. Le projet avait été mis en veilleuse en raison de la crise de Crimée qui avait interrompu la coopération entre le fabricant de moteurs-fusées NPO Energomach et le constructeur de Zenit, la société ukrainienne Yukhmash. En 2016, le groupe S7 a racheté le complexe Sea Launch pour environ 160 millions de dollars (comprenant le navire Sea Launch Commander, la plateforme Odyssey et l’équipement au sol au port de Long Beach). Depuis, RSC Progress, filiale de Roscosmos, et S7 ont débuté la conception d’un nouveau lanceur adapté à la plateforme, Soyouz-7.
Articles connexes publiés précédemment : Veille Espace Russie N°19-12, Veille Espace Russie N°20-01

Des failles détectées sur deux Proton-M
Vedomosti, TASS, 10 mars 2020
Deux failles concernant des boulons défectueux ont été détectées sur le lanceur russe Proton-M. À la suite de cette découverte, Roscosmos a annoncé la création d’une commission d’enquête pour identifier les responsables. Les pièces défectueuses seront remplacées à Baïkonour directement. Pour cette raison, le lancement des deux satellites de télécommunications Express-80 et Express-103, qui devait se faire sur un Proton-M fin mars, a été reporté à fin mai. Proton-M est également le lanceur choisi pour le lancement de la mission ESA-Roscosmos d’exploration de Mars, ExoMars2020, qui a été repoussée à 2022 pour des raisons techniques. Roscosmos a démenti qu’ExoMars ait été reporté à cause du lanceur. Le lanceur Proton a précédemment connu de nombreux échecs de lancement qui avait amené Roscosmos à interrompre son exploitation en 2016-2017. Proton-M a repris ses vols en 2017 sans aucun échec à ce jour.

COVID-19 : Kourou suspend temporairement les lancements
Roscosmos, CNES, Arianespace, TASS, 16 mars 2020
Suite à une décision du Président du CNES, Jean-Yves Le Gall, et en raison de la propagation de la pandémie de COVID-19, le CNES a suspendu temporairement toutes les campagnes de lancement depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG) à Kourou en Guyane française. Les préparatifs de lancement reprendront dès que les conditions sanitaires le permettront. En conséquence, Roscosmos a rapatrié 240 spécialistes présents en permanence au CSG pour assurer les lancements de Soyouz ST. D’un accord commun entre Jean-Yves Le Gall et Dmitri Rogozine, Directeur Général de Roscosmos, 21 spécialistes restés sur place assureront, après une période de quarantaine, les opérations de vidange et de passivation de l’étage Fregat qui avait été préparé pour le lancement de Falcon Eye 2 d’abord retardé puis reporté jusqu’à la reprise des campagnes de lancement.

Le lancement de Falcon Eye 2, initialement prévu le 6 mars depuis le CSG, reporté
TASS, 6 mars, RiaNovosti, 7 mars 2020
Le lancement du satellite Falcon Eye 2 a été reporté jusqu’à nouvel ordre, en raison d’un disfonctionnement de l’étage supérieur Fregat du lanceur Soyouz-ST.
Falcon Eye 2 est le deuxième des deux satellites de reconnaissance commandés par l’armée émiratie et conçus par Airbus Defence and Space avec une charge utile d’imagerie optique de Thales Alenia Space. Le lancement était initialement prévu depuis le Centre Spatial Guyanais en octobre 2019, puis en novembre et enfin en mars 2020. A l’origine, le lanceur choisi pour la mise en orbite était la fusée européenne Véga mais, suite à son échec lors du lancement de Falcon Eye 1 le 10 juillet 2019, il a été décidé que le lancement se ferait sur Soyouz 2-1.a (Soyouz ST-A).

STATION SPATIALE INTERNATIONALE

L’équipage de l’Expédition 63 est arrivé à Baïkonour
TASS, Roscosmos, 24 mars 2020
L’équipage de l’Expédition 63, l’Américain Chris Cassidy (NASA) et les Russes Anatoli Ivanichine et Ivan Vagner (Roscosmos) ainsi que leurs doublures, ont quitté la Cité des étoiles pour rejoindre Baïkonour le 24 mars, pour la dernière étape de l’entraînement avant leur envoi vers la Station spatiale internationale (ISS). Les familles des membres de l’équipage n’ont pas pu faire le trajet avec eux comme de coutume en raison de la pandémie de COVID-19. L’Expédition 63 décollera le 9 avril à bord du vaisseau Soyouz MS 16 sur une fusée Soyouz-2.1a pour un retour sur Terre prévu en octobre de cette année.
Article connexe publié précédemment : Veille Espace Russie N°20-02

LUNAIRE ET CISLUNAIRE

Luna-25 s’envolera en octobre 2021
RiaNovosti, RBK, Vedomosti, Kommersant, 17 mars 2020
Lors de la Réunion du Conseil spatial de l’Académie des sciences de Russie, le Chef du département de planétologie nucléaire de l’Institut de recherche spatiale (IKI RAN), Igor Mitrofanov, a annoncé que la sonde russe d’exploration lunaire Luna-25 dite « Glob », dont le lancement était initialement prévu en 2019, s’envolera vers notre satellite naturel le 1er octobre 2021. Luna-25 deviendra la première sonde lunaire envoyée par la Russie depuis Luna-24 en 1976. Luna-25 devrait être suivie par Luna-26 dite « Orbiter » (lancement prévu en 2023) et Luna-27 dite « Resours » (lancement prévu en 2024). Elle décollera sur une fusée Soyouz 2-1.b/Fregat depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan pour une mission d’un an.
Le programme des sondes « Luna » vise à explorer la Lune afin de préparer un prochain atterrissage humain. Le projet de sondes lunaires Luna d’IKI RAN a été adopté dans le Programme Fédéral Spatial (PFS) 2016-2025 de la Russie.

Luna-26 va réaliser une carte 3D de la Lune
RiaNovosti, Kommersant, 22 mars 2020
Afin de sélectionner le futur site d’atterrissage des cosmonautes sur la surface lunaire, l’orbiteur Luna-26 créera une carte tridimensionnelle de la Lune à l’aide de méthodes d’imagerie stéréoscopique. Cette information a été rapportée par Anatoli Petroukovitch, Directeur de l’Institut de recherche spatiale de l’Académie des sciences de Russie (IKI RAN), lors d’une réunion du Conseil spatial de l’Académie russe des sciences. À la différence des cartes 2D précises de la Lune réalisées par l’orbiteur de la NASA Lunar Reconnaissance Orbiter en 2009-2010, la carte réalisée par Luna-26 reflétera la hauteur du relief de la surface lunaire. La mission cartographique de Luna-26 permettra également d’analyser les structures lunaires et leur origine, et servira de données pour la navigation des futures missions habitées et automatisées sur la Lune. Le lancement de Luna-26 est prévu pour 2023.

SÉCURITÉ ET DÉFENSE

Lancement réussi d’un GLONASS-M
Roscosmos, TASS, 17 mars, ISS Rechetnev,19 mars 2020
Un satellite de navigation russe de la série GLONASS-M a été mis en orbite avec succès le 16 mars par une fusée Soyouz-2.1b/Fregat depuis le cosmodrome de Plesetsk, dans la région russe d’Arkhangelsk. Le lancement était initialement prévu le 28 février. Conçus par la société ISS Rechetnev, les satellites Glonass-M sont utilisés dans le cadre de la constellation GLONASS, le système de positionnement russe fournissant des informations de navigation et des signaux horaires précis aux utilisateurs terrestres, maritimes, aériens et spatiaux.

Deux satellites GLONASS-M retirés de leur orbite
GLONASS, RiaNovosti, 25 mars 2020
Deux satellites GLONASS-M, les numéros 717 et 742, ont été retirés de leur orbite le 24 mars. Les satellites, lancés respectivement en 2006 et 2011, étaient hors service depuis 2019. Les GLONASS-M appartiennent à la constellation GLONASS, qui comprend actuellement 27 satellites, permettant une couverture entière du globe.

SECTEUR PRIVÉ

Réduction des barrières administratives pour les start-ups spatiales
Roscosmos, 23 mars 2020
Le gouvernement russe a introduit une « Nouvelle réglementation concernant l’octroi de licences dans le domaine des activités spatiales », dans le but de faciliter la procédure d’acquisition de licence pour lancer et opérer des satellites et réduire les barrières administratives auxquelles peuvent être confrontées les start-ups spatiales. Ainsi, les exigences suivantes pour acquérir une licence d’activité spatiale seront supprimées, excepté pour l’attribution de licences nécessitant l’accord obligatoire d’un représentant du Ministère de la Défense :
- un accord ou contrat détaillant les spécifications tactiques et techniques de l’activité spatiale voulue ;
- le programme de recherche et d’expériences associé à l’activité voulue.
La nouvelle réglementation a été développée par Roscosmos, en collaboration avec des représentants du secteur privé, y compris le Cluster spatial de la Fondation Skolkovo, et entrera en vigueur le 20 avril 2020. Cette décision fait suite à plusieurs doléances émises par des acteurs privés du secteur concernant le manque de soutien étatique aux start-ups spatiales et projets universitaires et amateurs dans le domaine de l’exploration spatiale, telle que celle formulée par Denis Efremov, le Chef du laboratoire aérospatial Stratonavtika, le mois dernier.
Article connexe publié précédemment : Veille Espace Russie N°20-02

Sputnix, une start-up russe, développe sa propre constellation de nano-satellites
Sputnix, RiaNovosti, 5 mars 2020
Une start-up russe spécialisée dans la production de nano-satellites, Sputnix, prévoit de lancer en 2021 un satellite d’identification automatique des navires, premier de ce qui devrait plus tard devenir une constellation.
Sputnix est une société créée en 2009 et dirigée par Vladislav Ivanenko. Elle est résidente de l’accélérateur de start-up Skolkovo depuis 2011. En 2014, Sputnix est devenue la première entreprise à fabriquer et à lancer un satellite privé en orbite. Au total, la start-up a lancé cinq satellites dont deux CubeSat sont actuellement opérationnels, « SiriusSat-1 » et « SiriusSat-2 ». Cette année, la start-up prévoit de lancer cinq satellites dont trois de télédétection et deux pour des clients étrangers, dont le premier satellite tunisien Challenge One. Ils devraient être lancés en septembre, avec le satellite sud-coréen CAS500-1, depuis le cosmodrome de Baïkonour sur un Soyouz-2.1a/Fregat.

Natsionalnaïa Kosmicheskaïa Kompanïa, une start-up russe, développe un lanceur léger privé
Kommersant, 20 mars 2020
Dans un entretien avec le journal Kommersant, Maxim Koulikov, Directeur de Natsionalnaïa Kosmicheskaïa Kompanïa (NKK), une start-up créée en 2018, a détaillé les projets de son entreprise. Notamment, NKK prévoit la création d’un Centre spatial sibérien à Krasnoïarsk et le développement d’un lanceur léger « Sibérie » (précédemment connu sous le nom d’« Adler »), dont le prototype devrait être présenté à Samara en mai 2020 et dont le premier lancement est prévu en 2023. En théorie, le lanceur serait compatible avec les pas de tirs des cosmodromes de Plesetsk et Vostochny mais en pratique il ne nécessitera qu’une infrastructure élémentaire et pourrait donc être lancé à partir d’une autre base de lancement. La construction du Centre spatial sibérien devrait débuter cette année. Il sera constitué d’un complexe de recherche et de production, de plusieurs laboratoires, d’un bâtiment administratif, d’une salle de congrès et de salles d’exposition.

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Pôle spatial – Bureau du CNES
Ambassade de France en Russie

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Clause de non-responsabilité : la revue ne prétend pas être exhaustive. Elle a un caractère d’information. Le CNES Moscou ne saurait en aucun cas être tenu responsable des articles parus dans la presse russe.

publié le 20/04/2020

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