Ukraine - Sommet du partenariat oriental

Le Partenariat oriental doit se poursuivre et même se renforcer. Il n’a pas été créé pour ouvrir des conflits, mais il se trouve qu’il y a des conflits et que ce Partenariat oriental doit servir à les régler.

Ce que je souhaitais, c’est que les Européens puissent parler d’une seule voix sur ces questions. Que fait-on de ces relations de voisinage, de bon voisinage et comment fait-on vivre les accords d’associations qui ont été passés avec l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie ? Que fait-on également des pays qui ne sont pas dans les accords d’association et qui veulent aussi avoir des rapports de bon voisinage ?
Nous ne devons pas non plus faire de ce Partenariat oriental un conflit de plus avec la Russie. C’est la raison pour laquelle je suis pour que l’Union européenne et la Russie, même dans ce contexte difficile que l’on connait, avec des sanctions qui ont été encore confirmées, puissent avoir une discussion qui s’engage sur l’avenir.

J’ai également eu à traiter de la question de l’Ukraine avec Mme Merkel. Nous avons eu un entretien avec M. Porochenko sur l’application de l’accord de Minsk parce qu’il n’y a pas d’autre cadre que l’accord de Minsk et toutes les parties prenantes doivent le mettre en œuvre.

Nous avons eu aussi hier soir, pour ne pas dire une partie de la nuit, une discussion, Mme Merkel et moi-même avec le Premier ministre Alexis Tsipras pour trouver dans les jours qui viennent l’accord qui est attendu. Nous avons convenu que c’était avec la Commission européenne, avec la Banque centrale européenne et avec le FMI que la Grèce devait terminer cette phase de discussions et que l’Allemagne et la France étaient au service de ce futur accord. Cela est nécessaire d’abord pour qu’il puisse exister et ensuite pour qu’il puisse être pleinement appliqué. Voilà ce que je peux dire sur cette rencontre de Riga.

(…)

Q- Pour revenir au Partenariat oriental, je voudrais poser juste une question sur ce Sommet de Riga. Pourquoi faire ? Quels résultats concrets et puis surtout dans les conclusions que certains jugent déjà décevantes, y a-t-il une condamnation de la Russie pour ses agissements en Ukraine ?

R - Le Partenariat oriental n’a pas ouvert un conflit, je ne partage pas l’idée que ce serait à Vilnius qu’il y aurait eu à cause de la proposition d’un accord d’association, une déstabilisation de l’Ukraine. C’est précisément parce que l’Ukraine voulait l’accord d’association qu’il y a eu les mouvements qui ont abouti à la situation que nous connaissons.

La Russie a eu des agissements, on les connait. Il y a eu des condamnations par l’Union européenne. Que devons-nous donc faire dans cette période précise ? Nous devons faire que ce Partenariat oriental permette à l’Ukraine d’être pleinement associée, même si l’association ne préjuge en aucune façon l’adhésion, j’ai été parfaitement clair là-dessus.

Nous devons cependant faire en sorte que le Partenariat oriental puisse aider l’Ukraine, mais aider aussi au règlement du conflit, avec l’application de l’accord de Minsk. De ce point de vue-là, les conclusions me paraissent tout à fait bonnes pour y parvenir.

Voici ensuite ce que nous avons à faire. Le format Normandie est le bon cadre et il continuera de l’être. C’est pour cette raison que j’ai voulu, avec la chancelière, rencontrer le Président ukrainien afin que nous puissions préparer le moment venu, des contacts qui se feront dans le format Normandie à des niveaux qui peuvent être différents.

Q - L’OSCE a indiqué que deux Russes qui avaient été capturés en Ukraine avaient reconnu être des soldats d’active en mission, est-ce que cela entame votre confiance dans la parole du président russe ?

R - Ce qui est clair c’est que le cessez-le-feu n’est pas complètement respecté. Il l’est bien davantage qu’avant Minsk puisqu’il n’y avait pas de cessez-le-feu. Toutes les armes lourdes n’ont pas été totalement retirées même si elles l’ont été de part et d’autre, mais pas complètement. Il y a encore des situations extrêmement préoccupantes dans certaines villes, c’est pourquoi nous devons agir et continuer à faire pression, notamment sur l’Est de l’Ukraine et sur la Russie pour qu’il y ait le plein accord, le plein respect de l’accord de Minsk. Des éléments de preuve peuvent être apportés, ils confirment ce que nous disons, c’est-à-dire le fait qu’il y a encore des interférences et des ingérences.

publié le 01/06/2015

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