Сonférence de presse avec la chancelière allemande

Le 20 février 2015

LE PRESIDENT : Mesdames, messieurs,

J’ai eu grand plaisir à accueillir la Chancelière Angela MERKEL qui venait à Paris pour exposer ce que sera l’ordre du jour du G7, puisque c’est l’Allemagne qui a la responsabilité de l’organiser.

Nous avons saisi cette occasion, même si nous nous sommes quittés il y a peu, puisque la dernière fois c’était à Bruxelles, et nous avons eu depuis plusieurs conversations téléphoniques. Nous avons convenu que cette rencontre pouvait être aussi l’occasion d’aborder d’autres sujets d’actualité : l’Ukraine et la Grèce.

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Sur les sujets d’actualité, il y a d’abord l’Ukraine. Nous n’avons cessé d’échanger avec la Chancelière depuis les accords de Minsk. Nous sommes encore plus convaincus que ce sont ces accords qui doivent s’appliquer. Tous les accords, rien que les accords. Cela veut dire le cessez-le-feu, qui est toujours menacé, qui a été plusieurs fois violé, notamment à Debaltsevo, ces derniers jours et qui doit maintenant être intégralement observé sur l’ensemble de la ligne.

Les accords de Minsk c’est ensuite le retrait des armes lourdes, et c’est l’étape qu’il conviendra d’engager. Et puis il y a aussi la libération des prisonniers et c’est ce que nous devons essayer de faciliter. Nous allons donc continuer, la Chancelière et moi-même dans le cadre du format Normandie, de travailler à l’effectivité de ces accords de Minsk.

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Nous avons évoqué aussi des sujets d’actualité. A propos de l’Ukraine, nous sommes engagés sur la même voie. L’objectif, c’est que les engagements de Minsk pris la semaine dernière soient maintenant mis en œuvre, qu’un ensemble de mesures soient prises pour que les accords de Minsk de septembre soient traduits dans la pratique. C’est un chemin difficile, mais la situation est difficile elle aussi et il faut absolument que ces accords soient mis en œuvre. Je pense que cela vaut la peine de faire tout ce qui est nécessaire pour éviter que le bain de sang ne se poursuive.

Il faut donc maintenant mettre en œuvre les mesures relatives au cessez-le-feu lui-même, au retrait des armes lourdes, aux échanges de prisonniers et aux autres points de l’accord.

Cela fait maintenant un an que les évènements de Maïdan ont eu lieu et nous voyons que l’Ukraine n’est pas sortie des difficultés. Nous voulons lui apporter notre aide, et cela n’est possible que si un certain nombre de mesures conçues à cette fin sont mises en œuvre. La France et l’Allemagne continueront d’accompagner ce processus.

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Christian SCHUBERT, Frankfurter Allgemeine Zeitung : Madame la chancelière, monsieur le président, une question à propos de l’Ukraine. Des blindés russes auraient passé la frontière, d’après les dernières informations que j’ai obtenues. Qu’en savez-vous ? Pouvez-vous le confirmer ? Ensuite, l’accord Minsk 2 n’a-t-il pas échoué ? Et, troisième question, avec quels moyens entendez-vous réagir ? De nouvelles sanctions par exemple ?

LE PRESIDENT : Je n’ai pas à ce stade de confirmation qu’il y ait eu l’entrée de chars russes en Ukraine, ça ne veut pas dire que ça n’existe pas. Mais vous me posez la question de savoir si j’en suis informé formellement, non. Mais il y a des risques, on le sait bien, qu’il y ait des escalades s’il y a non-respect du cessez-le-feu. Donc, toute notre attention, toute notre action, c’est de revenir le plus vite possible à un respect intégral du cessez-le-feu et un retrait des armes lourdes. A partir de là, les signataires de ce protocole se sont engagés, je parle des parties prenantes ukrainiennes et nous avons également établi une déclaration à Minsk. Ca a pris du temps, toute une nuit, pour que les quatre pays qui étaient représentés au plus haut niveau puissent donner leur caution à cet engagement de fin des hostilités en Ukraine. Tout pays qui manquerait à cette parole encourrait nécessairement des mesures contraignantes, des sanctions, mais ce n’est pas notre intention. Notre intention, ce n’est pas de prononcer des sanctions. Notre intention, c’est d’arriver à une situation de paix en Ukraine.

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Ensuite, j’ai pu apprécier la ténacité avec laquelle Angela MERKEL, à Minsk, a tout fait pour que nous puissions avoir un accord. C’était une longue nuit, je l’ai dit aussi, un long matin. Il y a eu un effort pour aller chercher la paix, elle n’est pas encore là mais cette initiative que nous avons prise pour nous retrouver à Minsk avec le président POUTINE et le président POROCHENKO, c’était la seule possible si on voulait qu’il y ait une chance pour la paix.

La paix avait une chance de pouvoir naître ou renaître à Minsk, il ne fallait pas la laisser passer mais nous devons préserver cette chance, avec Angela MERKEL, dans le cadre du « format Normandie », utiliser toute notre énergie pour que nous puissions poursuivre, avancer dans tous les domaines. On l’a vu pour ce qui concerne les réformes, on le voit pour ce qui concerne même nos rapports avec la Grèce, on le voit par rapport à la recherche de la paix, c’est avancer, prendre des initiatives, et ne pas nous laisser emmener là où nous ne voulons pas aller, c’est-à-dire ou la stagnation ou la crise ou la guerre.

Merci.

publié le 27/02/2015

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