Ukraine - Extrait du point de presse de L.Fabius au Japon

Le 14 mars 2015

Que pensez-vous de l’accord de Minsk, quel bilan peut-on en tirer ?

L’accord de Minsk a été possible parce que la France et l’Allemagne, dans le cadre du format de Normandie, ont réussi à convaincre l’Ukraine et la Russie d’aboutir à un accord. Cet accord est positif, parce qu’auparavant nous étions dans l’escalade, et depuis nous sommes dans la désescalade des tensions. Nous continuons à suivre cela de près et dans quelques minutes, j’aurai au téléphone mes collègues ukrainien et russe à ce sujet. Il y a incontestablement une désescalade, le cessez-le-feu est respecté et le retrait des armes lourdes a considérablement progressé. Ceci est largement reconnu de part et d’autre, le président Porochenko a fait une déclaration en ce sens et les Russes considèrent qu’il y a eu des progrès. Il reste cependant des tensions, autour de l’aéroport de Donetsk et non loin de Marioupol. D’autre part, la décision a été prise de porter à 1 000 le nombre d’observateurs de l’OSCE, qui jouent un rôle très utile, dès lors qu’ils peuvent inspecter partout.

Il reste plusieurs questions, deux principales : dans l’accord de Minsk, il est dit qu’il faut qu’il y ait décentralisation et changement institutionnel pour donner plus d’autonomie aux territoires de l’Est. Dès lors que cette procédure sera réalisée, la frontière entre l’Ukraine et la Russie pourra être libérée, il y aura restauration de la souveraineté territoriale de l’Ukraine.

Si j’avais à résumer, je dirais qu’il y a une réelle amélioration, mais qui reste fragile et doit être complétée ; la France et l’Allemagne y sont extrêmement attentifs.

Qu’en est-il de la région de Debaltsevo, est-elle dans le territoire séparatiste bénéficiant d’une autonomie spéciale ?

Il y a une discussion sur le territoire géographique concerné par cette plus large autonomie, qui fait partie de l’application des accords de Minsk. C’est une question qui évidemment doit être réglée dans le cadre de la décentralisation accrue. Il faut que symétriquement les Russes et les séparatistes se préparent à reconnaître la souveraineté de l’Ukraine.

publié le 19/03/2015

haut de la page