Ukraine/Russie - Extrait des voeux de L.Fabius à la presse diplomatique

Sur l’Ukraine, le conseil de sécurité se réunit cet après-midi. Où va-t-on et y a-t-il un vrai risque que la guerre se poursuive alors qu’il y a quelques semaines on parlait de nouveaux rendez-vous de type « Normandie » ? Est-ce que vous êtes vraiment inquiet ? (...)

D’abord, sur la Russie et l’Ukraine. Nous sommes extrêmement préoccupés et très inquiets. Pourquoi ? Parce que la situation sur le terrain s’est tragiquement détériorée, qu’il s’agisse de Lougansk, de Donetsk ou de Marioupol.

Mercredi soir, j’étais à Berlin avec mes trois collègues, allemand, russe et ukrainien. Nous avons discuté jusqu’à une heure relativement avancée de la nuit et nous nous sommes mis d’accord pour qu’il y ait un retrait des armes lourdes des rebelles, qui devait intervenir dès le lendemain sur la ligne définie dans les accords de Minsk. C’était mercredi soir.

Jeudi matin, je suis allé à Londres pour une autre réunion. Nous apprenions que l’aéroport avait été pris d’assaut et qu’il y avait des dizaines et des dizaines de morts. Donc, l’accord qui avait été passé n’était absolument pas respecté. Et, au cours de ce week-end, vous avez vu ce qui s’est passé à Marioupol qui, là aussi, est extrêmement grave. Donc, oui, nous sommes préoccupés, inquiets. Le président de la République aura l’occasion de joindre le président Poutine pour lui dire cela. Alors, quelle est l’attitude de la France ? Depuis le début, nous avons dit : fermeté et dialogue.

Dialogue, parce qu’il n’est pas question d’aller faire la guerre à la Russie. En même temps, il y a des choses que l’on ne peut pas accepter. De la même façon que l’annexion de la Crimée posait des problèmes évidents, comment accepter qu’un pays, en l’occurrence l’Ukraine, ne soit pas respecté dans son intégrité ?
Notre objectif, en permanence, c’est d’aller vers une situation où l’Ukraine aurait à la fois de bons rapports avec l’Union européenne et de bons rapports avec la Russie. Nous en sommes très loin. (…) Et toute l’action de la France, en utilisant en particulier le format de Normandie, est d’essayer d’obtenir une désescalade pour aller vers la raison. Pour le moment, nous sommes - et le mot est faible - extrêmement déçus. Du coup, évidemment, comme toujours quand il y a des actions, il y a la réaction qui appelle elle-même une réaction.
Il faut revenir aux accords de Minsk. Ils ont été signés par les différentes parties et ils doivent être respectés. La France ne ménagera aucun effort pour aller vers cette désescalade, mais nous sommes extrêmement inquiets. (...)

publié le 27/01/2015

haut de la page