Ukraine/Russie - Extrait des voeux du président de la République au corps diplomatique

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Agir pour la paix, c’est aussi ce que la France fait en Europe car il y a un conflit sur le continent européen C’est la crise ukrainienne. Depuis des mois, je me suis fortement engagé, avec Angela Merkel, la chancelière d’Allemagne, pour chercher une solution et faire en sorte qu’il puisse y avoir un retour à la paix et une situation humanitaire qui cesse de se dégrader.

Là encore, les conditions d’une sortie de crise sont connues : c’est la mise en œuvre complète du protocole de Minsk qui a été adopté le 5 septembre dernier. Depuis cette date, il y a eu hélas une dégradation avec le non-respect du cessez-le-feu et des morts, de nombreux morts.

Depuis quelques semaines, il y a eu d’autres signes qui ont été envoyés, plus encourageants, même s’il y a encore des morts à l’est de l’Ukraine. Un nouveau cessez-le-feu est entré en vigueur le 9 décembre. Des échanges de prisonniers sont intervenus pour Noël. Les ministres des affaires étrangères se sont réunis dans le format Normandie il y a quelques jours avec la perspective d’une rencontre à Astana, avec l’Allemagne et la France mais aussi l’Ukraine et la Russie.

La priorité, ce doit être de réussir cette rencontre d’Astana. Mais nous n’allons pas nous réunir simplement pour faire des constats. Il n’y aura de réunion à Astana que s’il y a des résultats.

Nous avons plusieurs objectifs. D’abord la délimitation de la ligne de démarcation, le retrait des armes lourdes, des modalités d’acheminement de l’aide humanitaire dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Et ensuite des élections dans l’Est de l’Ukraine permettant, dans le respect de la loi ukrainienne, la représentation de tous.

Ces conditions ne sont pas hors d’atteinte et nous devons y travailler. C’est ce que je fais en très bonne harmonie avec la chancelière parce que nous sommes directement concernés, parce que nous sommes attachés aussi à ce que l’Europe et la Russie retrouvent des relations de confiance et aient également une perspective commune de développement.

Car ce conflit coûte cher. Il coûte cher d’abord humainement puisqu’il y a une situation très dégradée en Ukraine. Il coûte cher politiquement avec un éloignement qui s’est produit, des sanctions qui ont été prononcées. Il coûte cher économiquement à la Russie mais aussi à l’ensemble de la région, à l’Europe également. Il est donc temps, plus que temps, que l’accord soit trouvé.
Je suis allé aussi à Moscou pour m’en entretenir avec le président Poutine, parce que la France a avec la Russie une relation historique et que nous devons utiliser ce lien pour que la Russie revienne dans cette relation que je souhaite encore affermir entre l’Europe et ce grand pays. Mais encore faut-il aussi que la Russie fasse les gestes indispensables qui sont attendus d’elle. Nous y travaillons mais c’est aujourd’hui une responsabilité que le président Poutine doit exercer.
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publié le 19/01/2015

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