G20 : extraits de la conférence de presse du président

Sommet du G20 à Brisbane : extraits de la conférence de presse du Président François Hollande

Les objectifs de la France à Brisbane Quelles étaient les objectifs de la France à l’occasion de ce Sommet du G20, ici à Brisbane ?

Le premier, c’était la croissance. Faire en sorte que nous puissions convaincre nos partenaires de mieux coordonner les politiques économiques, faire en sorte que l’investissement, notamment dans les nouvelles technologies, soit porté par les principaux Etats, ceux qui représentent l’essentiel de la richesse du monde. Ouvrir les marchés à travers une politique commerciale plus dynamique et des traités qui devraient s’inscrire dans un cadre multilatéral.(…)

Il y avait un second objectif que je voulais porter au nom de la France et je n’étais heureusement pas le seul, c’est l’objectif de la réglementation financière -ce qui avait d’ailleurs justifié la création du G20 sous cette forme- pour que la crise, s’il devait y avoir une nouvelle crise, ne puisse plus peser sur les contribuables. Lorsqu’une banque connaît cette difficulté, jusque-là c’était les contribuables qui en réalité faisaient l’appoint. C’est ce qui hélas s’est produit de 2008 jusqu’à aujourd’hui. Ce sont les Etats qui ont financé les errements, les manquements, les défaillances bancaires ce qui a eu comme conséquence d’aggraver les déficits publics, d’augmenter les endettements des pays dits souverains et d’entretenir la crise. (…)

Le troisième objectif : la lutte contre la fraude, la lutte contre l’évasion fiscale, la lutte contre l’optimisation fiscale. (…)

Enfin le quatrième objectif que la France s’était donné et il n’était pas le plus simple à atteindre même si la France était particulièrement concernée, c’est l’objectif de la lutte contre le réchauffement climatique. La France est particulièrement concernée parce qu’elle va organiser en décembre 2015 la Conférence sur le climat. (…)

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Il y a eu un consensus pour d’abord souligner que Paris serait le grand rendez-vous pour la planète quant à la recherche d’un accord global différencié mais contraignant sur le climat et qu’il était possible d’ores et déjà d’annoncer des contributions à ce que l’on appelle le fonds vert - c’est-à-dire le fonds qui va permettre à des pays qui n’ont pas forcément les ressources nécessaires pour faire cette transition énergétique, parce qu’ils ne sont pas suffisamment développés ou parce qu’ils sont encore un État émergent d’accompagner les investissements. Vous avez sans doute relevé qu’après que la France a annoncé - c’était en septembre dernier lors de l’Assemblée générale des Nations Unies - 1 milliard de dollars de contribution au fonds vert, que l’Allemagne avait fait également le même choix. Les Etats-Unis, le Japon et d’autres pays ont également déclaré qu’ils étaient prêts - ils ont donné les chiffres - à verser une contribution au fonds vert ce qui va avoir un effet d’entrainement. (…)

Un sujet s’est également invité, c’est Ebola parce que ce fléau qui concerne des pays d’Afrique, peut toucher l’ensemble de la planète si nous n’y prenons pas garde. Dès lors, au-delà de ce qu’avait déjà annoncé un certain nombre de pays dont la France pour la Guinée, les Etats-Unis pour le Liberia, le Royaume-Uni pour le Sierre Leone, d’autres grands Etats ont décidé également de s’associer à ce processus.

300 millions de dollars seront dégagés par les pays membres du G20 en plus de ce que fait déjà l’Europe de son côté. Des coopérations permettront, pays par pays, d’avoir un certain nombre de moyens supplémentaires. Lors de la rencontre que j’ai eue avec le Président POUTINE, il m’a confirmé qu’un hôpital russe pourrait être disposé en Guinée et nous ferons en sorte que ce soit en pleine coopération avec la France. (…)

L’entretien avec V. Poutine en marge du sommet : Ukraine, Ebola, Syrie et Irak

J’ai vu également le président POUTINE. Nous avons eu une longue discussion. Elle a porté sur la situation en Ukraine mais également sur l’aide que pouvait apporter la Russie - et je l’en ai remerciée - pour la Guinée dans la lutte contre Ebola. Nous avons également parlé de la Syrie et de l’Irak. Nous voulons travailler ensemble pour permettre que la lutte contre le terrorisme soit menée à tous les niveaux.

Mais c’est sur l’Ukraine que nous avons eu l’échange le plus long. Mon propos a été essentiellement sur le respect de l’accord de Minsk, c’est-à-dire le cessez-le-feu et l’ouverture d’un dialogue, le contrôle des frontières, le fait que la ligne de démarcation devait éviter les affrontements et permettre qu’il puisse y avoir une confiance qui se rétablisse et bien sûr la question du gaz qui devait être enfin réglée. Nous avions commencé à le faire à Milan et ça n’a pas été encore conclu. Avec le Président de la Commission européenne, nous avons eu une discussion pour que ce point-là soit définitivement réglé dans les meilleurs délais.

J’ai dit au Président POUTINE que les relations de la France avec la Russie, qui sont des relations historiques, des relations politiques, des relations économiques, que ces relations-là ne devaient pas subir les effets de cette crise ukrainienne et que pour qu’il n’y ait pas d’impact sur cette relation, la crise devait être réglée et que tant qu’elle ne l’était pas, ce serait un problème.

C’est un problème d’abord pour l’Ukraine. C’est un problème dans les relations entre l’Ukraine et la Russie. C’est un problème entre la Russie et l’Europe, entre la Russie et le monde avec ces sanctions qui sont prononcées. Y compris dans ce G20, à aucun moment, le sujet de l’Ukraine n’a été évoqué en réunion plénière, mais il circulait dans les discussions qui pouvaient être celles des Chefs d’Etat et de gouvernement, en marge. Si nous voulons ouvrir une nouvelle étape ou en tout cas clore celle que nous connaissons aujourd’hui, l’Ukraine devrait enfin connaître la résolution de cette crise. (…)

Les mots-clés : G20, François Hollande, Vladimir Poutine, conférence de presse, climat, Ebola, Ukraine, Irak, Syrie

publié le 26/11/2014

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