Rencontre de la communauté d’affaires [ru]

Vendredi 21 avril, le Consulat général de France et le cercle Kondratieff avaient convié la communauté d’affaires à participer à une rencontre autour du thème de l’industrie agroalimentaire en Russie animée par 3 intervenants.

Le secteur agroalimentaire a été le premier bénéficiaire des mesures protectionnistes instaurées par la Russie après l’application des sanctions occidentales suite à l’annexion de la Crimée. Ces mesures, associées à une politique d’investissements judicieuse, ont permis à la Russie de passer d’un état de dépendance aux importations agroalimentaires étrangères, à celui de l’autosuffisance dans de nombreuses filières, voire même désormais de l’exportation – a souligné le consul général, Thibaut Fourrière, en introduction.

Chargée de développement du secteur AgroTech au sein de l’agence Business France, Olga GEYDAROVA est revenue sur la structure du marché agroalimentaire russe et l’évolution de ses filières depuis les contre-mesures et la mise en place de la politique de substitution des importations adoptées par la Russie. Bien qu’impactées, les entreprises françaises ont, à ses yeux, encore de nombreux atouts à faire valoir, plus particulièrement dans le domaine du savoir-faire et de l’expertise.

Pierre l’Haridon, responsable développement CEI du groupe SERAP Industries, société spécialisée dans l’équipement pour les laiteries, a concentré son analyse sur la situation du secteur laitier. Touchées par la crise et la dévaluation du rouble, les petits producteurs de la filière lait n’ont pas pu résister et ont cédé la place à de grandes exploitations pouvant souvent atteindre les 1 500 têtes de bétail. En manque de matière première, certaines laiteries russes n’hésitent pas à recourir à la poudre de lait et à l’huile de palme pour accroître leur production, au détriment de la qualité des produits de consommation.

Doublement impactés par la crise et les sanctions, les fromages autorisés à l’importation sont passés de produits accessibles à un grand nombre à l’état de produits de luxe réservés à une clientèle extrêmement riche prête à payer le prix fort – a constaté Anthony FAVRIN, importateur de fromages suisses. Valeur refuge en termes de qualité et de plaisir, le marché des épiceries fines haut de gamme possède de très fortes perspectives de développement en Russie, notamment dans le domaine des produits bio.

publié le 05/05/2017

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