Premier Congrès mondial du handicap [ru]

Ekaterinbourg accueille du 7 au 10 septembre 2017 le premier Congrès mondial du handicap. Y participent plus de 700 personnes de 29 pays différents, dont la France.

Les membres du Comité d’Organisation du congrès et les associations pour lesquelles ils militent sont animés par la volonté d’agir pour l’inclusion effective des handicapés dans le corps social. Toutefois, ils n’ont pas pour priorité de se placer sur le terrain de la revendication dans l’idée de demander à la collectivité d’en faire plus pour l’inclusion des personnes handicapées dans la vie civile. Leur action se concentre sur l’identification de ce que peuvent apporter les personnes handicapées à la société. La conception du Comité d’Organisation du congrès repose sur le fait que les personnes handicapées dynamiques ont dû développer des capacités spécifiques pour contourner leur handicap et réussir. Il désigne ces capacités développées dans l’adversité par le mot anglais "extrability", expression complètement inventée. Ainsi, plutôt que de se focaliser sur le handicap "disability", les membres du comité d’organisation veulent que ce congrès porte le regard sur les talents spécifiques "extrability". L’idée est que ces savoir-faire spécifiques peuvent constituer de vrais apports à la société, encore faut-il les identifier, les valoriser, et les faire connaître, y compris aux intéressés.

L’approche du Comité d’Organisation s’appuie aussi sur le constat que l’intégration sociale des personnes handicapées ne peut pas être un processus à sens unique. Si l’intégration se contente de donner des droits unilatéraux et de meilleurs accès aux personnes handicapées sans retour pour la société, celle-ci finit par se cantonner dans le consumérisme, voire l’assistanat pour citoyens de seconde zone. Sans compter que l’inclusion sociale des handicapés ne peut vraiment fonctionner que si les personnes valides ont le sentiment intime que les personnes handicapées peuvent à leur tour apporter quelque chose à leur entourage et à la collectivité dans son ensemble.

Dans cette optique, tous les efforts de la société pour améliorer l’environnement physique, social et professionnel des personnes handicapées peuvent alors se concevoir comme un investissement dans la mobilisation de ressources humaines inemployées. Mais c’est aussi aux personnes handicapées de faire connaître leurs talents, y compris à leurs pairs.

Pour ces raisons, l’intention du Comité d’Organisation est de rassembler des personnes handicapées qui exercent ou ont exercé une activité professionnelle et plus généralement qui ont réalisé de vrais apports pour la Société dans laquelle ils vivent. Leur but est d’une part de bien faire connaître ces succès personnels et d’autre part d’organiser le partage d’expérience et de bonnes pratiques entre les participants. Dans cet esprit, la formulation anglaise de la devise du congrès de Ekaterinbourg est : "making our value visible", ce qui se traduit plus exactement en français par : "révélons nos talents".

De par l’esprit animant le Comité d’Organisation, il n’y a donc pas de raison de concevoir un congrès spécialisé par type de handicap, et c’est peut-être ce qui en fait son originalité. Le Congrès s’adresse donc à des personnes ayant tous types de handicap, quel que soit leur pays d’origine, quel que soit leur environnement social. Ce qui intéresse le Comité d’Organisation, c’est l’expérience positive que peut apporter un participant et la faire partager à d’autres. Plus cette expérience sort des sentiers battus, plus elle est innovante et plus elle sera susceptible de révéler des talents méconnus que des personnes handicapées ont en elles-mêmes.

S’il s’agit d’une première mondiale, le Comité d’Organisation ne part pas de rien. L’un de ses membres en particulier, Mr Thomas Krauss (Allemagne) a déjà une expérience d’une vingtaine d’année. Il a organisé plusieurs congrès nationaux et continentaux rassemblant des personnes ayant tous types de handicap en Europe du Nord, en Russie et en Amérique Latine.

publié le 21/04/2020

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