Nigéria - Boko Haram - Réponse de L.Fabius à une question au Sénat

Réponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, à une question au Sénat

Paris, 15 janvier 2015

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Madame la Sénatrice,

Ce que vous dites, qui est tragique, est malheureusement tout à fait exact et le gouvernement pour sa part et, je l’espère, avec vous tous, en tire trois séries de conclusions.

La première, c’est qu’il est absolument impossible d’avoir l’indignation sélective et de pratiquer le « deux poids et deux mesures ».

Il y a dans le monde des drames, des attaques épouvantables qui se produisent et on a parfois le sentiment que, selon l’endroit où elles se produisent, l’écho est différent. Mais nous ne pouvons pas entrer - et vous l’avez fort bien dit - dans cette logique qui serait une logique de l’ignoble. Nous devons condamner avec la même sévérité les actes terroristes où qu’ils se produisent. Et malheureusement, au nord-est du Nigéria, ce qui se passe est le summum de l’atrocité.

Deuxièmement, la France, depuis le début, apporte son appui à la lutte contre ce terrorisme de Boko Haram. Souvenez-vous que c’est à la demande du Nigéria que le président de la République française a organisé le sommet de Paris en mai 2014, et mon ami Jean-Yves Le Drian et moi-même étions là.

Nous travaillons concrètement au renforcement de la concertation entre les chefs d’État et à une meilleure coopération régionale en matière de sécurité. Nous avons mis un projet de forces régionales sur la table et la France, sans entrer dans les détails pour des raisons que chacun comprendra, soutient à la fois ce projet et aide à y voir un peu plus clair - on comprendra ce que je veux dire - à travers un dispositif de coordination entre les pays concernés. Donc nous faisons ce que nous devons faire.
Je veux dire une troisième remarque : le soutien de tous est nécessaire. Je ne voudrais pas qu’il y ait de confusion sur mon propos mais la lucidité doit exister. La France ne va pas régler à elle seule - malheureusement, mais c’est ainsi - tous les problèmes du monde et tous les problèmes de l’Afrique. Nous prenons notre part, certains disent que nous prenons plus que notre part et c’est notre honneur. Mais la solution, elle est européenne, elle est internationale, elle est africaine, c’est à nous tous ensemble d’agir.

La France y contribue et y contribuera pleinement parce qu’il n’y a qu’une seule réponse face à cette barbarie, la fermeté dans l’unité.

publié le 16/01/2015

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