Médaille Fields 2014 : l’école française de mathématique à nouveau récompensée

C’est lors du congrès international des mathématiciens, qui se déroule cette année en Corée du Sud, qu’est tombé le verdict des médailles Fields 2014. Cette prestigieuse institution a décerné à quatre mathématiciens exceptionnels de moins de quarante ans cette récompense. Remise tous les quatre ans, la médaille Fields est le prix Nobel des mathématiques. Les lauréats pour l’année 2014 sont l’autrichien Martin Hairer, le canado-américain Manjul Bhargava, la première femme médaillée, l’iranienne Maryam Mirzakhani, et le franco-brésilien Artur Avila. Grâce à Artur Avila, qui a acquis la double nationalité l’an dernier, la France compte maintenant 12 lauréats de la médaille Fields et conforte sa deuxième place au palmarès derrière les États-Unis, montrant une fois de plus l’excellence de l’école mathématique française.

Agé de 35 ans, Artur Avila est directeur de recherche au CNRS et membre de l’Institut de mathématiques de Jussieu-Paris, unité mixte de recherche du CNRS, de l’université Paris Diderot, et de l’université Pierre et Marie Curie. Cette haute distinction est l’aboutissement d’un début de carrière exceptionnelle. "Né le 29 juin 1979 à Rio de Janeiro (Brésil), ce franco-brésilien a le déclic pour les mathématiques grâce aux Olympiades internationales de mathématiques à Toronto (1995) où il obtient la médaille d’or à l’âge de 16 ans. Son parcours est ensuite impressionnant", a indiqué le CNRS dans un communiqué. Il intègre ensuite l’Institut de mathématiques pures et appliquées (IMPA) de Rio de Janeiro, où il commence une thèse en dynamique unidimensionnelle à 19 ans. Après un post-doc au Collège de France sous la direction de Jean-Christophe Yoccoz, il est recruté au CNRS en 2003 où il entre au Laboratoire de probabilités et modèles aléatoires (CNRS/Université Paris Diderot/UPMC). Après l’obtention d’une bourse qui lui permet de travailler à l’unité mixte CNRS-IMPA, à 29 ans, il devient le plus jeune directeur de recherche au CNRS et intègre l’Institut de mathématiques de Jussieu-Paris Rive Gauche.

Auteur d’une cinquantaine de publications scientifiques, il est passionné par les systèmes dynamiques (systèmes qui évoluent avec le temps) et étudie surtout la probabilité qu’un système évolue vers un comportement ou un autre. Par exemple dans le cas de planètes orbitant autour d’une étoile, la question qu’il se pose est : à long terme ce système deviendra-t-il instable ou chaotique ? Récemment, il s’est intéressé à des systèmes dynamiques liés à certains opérateurs de Schrödinger, en particulier l’opérateur presque-Mathieu, qui décrit l’évolution d’un électron dans un champ magnétique particulier.

publié le 25/08/2014

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