11 novembre, 96ème anniversaire de l’Armistice

Le 11 novembre, 96ème anniversaire de l’Armistice qui a conclu la première guerre mondiale, l’Ambassadeur de France et l’attaché de défense ont honoré la mémoire des Français morts pour la France au cimetière Vvédenskoïé de la région de Moscou.

"Il y a 96 ans, à 11heures du matin, le cessez le feu signé quelques heures auparavant entrait en vigueur sur l’ensemble du front. Ainsi se terminait l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire. La France et ses alliés remportaient la victoire, l’Alsace et la Lorraine, annexées en 1871 par l’Empire allemand, retrouvaient le giron de la Nation. Aujourd’hui plus que jamais, alors que tant de conflits déchirent encore le monde et notre Europe, notre devoir est de nous recueillir et de nous souvenir", a déclaré l’Ambassadeur.

Les vétérans de Normandie-Niemen, les associations « Normandie-Niemen », « Souvenir français » et « Amis de la France » ainsi que les élèves du lycée français et ceux de l’école Normandie-Niémen et les représentants de la communauté française de Moscou ont déposé des fleurs à la mémoire de ces soldats.

Lire le texte de discours de l’Ambassadeur

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Le discours de président François Hollande à l’occasion de l’inauguration de l’Anneau de la Mémoire

Le 11 novembre 1918 à 11 heures précisément le clairon retentissait. En quelques secondes, il mettait fin à la Première Guerre mondiale. Elle avait duré 50 mois, et tué 18 millions de personnes. (…)

(…) Les commémorations qui ont été particulièrement nombreuses cette année et que j’ai voulues à chaque fois exceptionnelles pour réunir toutes les nations, ces commémorations ne sont pas faites simplement pour honorer les morts ou pour souligner les souffrances mais aussi pour réconcilier les peuples. Elles sont faites aussi pour transmettre, pour mobiliser et notamment les générations nouvelles.

Ces commémorations, elles sont également faites pour nous rappeler à nos devoirs – dirigeants du monde, citoyens du monde –, nos devoirs pour la paix, pour la sécurité, pour les Droits de l’homme, pour la démocratie. A chaque fois que le nationalisme resurgit, à chaque fois que les idéologies de haine refont surface, à chaque fois que les séparatismes s’exacerbent, alors nous devons nous souvenir de l’engrenage infernal de l’été 1914 et où il a conduit l’Humanité.
La mémoire n’est pas faite pour le passé, elle est faite pour le présent et pour l’avenir et c’est le symbole de cet anneau délicatement posé en équilibre à flanc de colline. Pourquoi en équilibre ? Parce que la paix est toujours fragile, parce qu’elle peut vaciller à tout instant, parce qu’elle est à la merci des extrémismes, des fanatismes, des égoïsmes. La paix a besoin de militants, de défenseurs, de diplomates pour chercher les compromis – et nous en avons besoin en Ukraine, en Syrie, en Irak –, mais elle a aussi besoin de soldats. De soldats pour empêcher le pire et ce sont nos militaires qui se battent encore au Mali, qui évitent des massacres en Centrafrique, ou nos aviateurs qui en Irak luttent contre le fanatisme et permettent à cette population qui a déjà tant souffert de reconquérir sa souveraineté. (…)

(…) Je veux terminer sur une question simple. A quoi sert-il aujourd’hui, 11 novembre, pour un pays comme la France, avec ses amis – alliés d’hier, belligérants d’hier mais amis pour toujours aujourd’hui –, à quoi sert-il d’honorer les morts ? Je veux y répondre parce que cette question est au cœur de ce que nous devons dire de notre destin, pas simplement de notre histoire.
Honorer les morts, c’est donner du sens à la patrie.

Honorer les morts c’est placer la France devant ses responsabilités internationales, c’est dire pourquoi elle agit au-delà de ses frontières pour la paix.

Honorer les morts c’est projeter le pays pour le faire avancer, pour être digne du passé mais surtout fier de ce que nous pouvons construire ensemble, parce que le patriotisme n’est pas une nostalgie, c’est une volonté ; celle de faire entrer la France dans le monde au premier rang en préservant son identité – c’est-à-dire la république sociale.

Le patriotisme, c’est aimer la France sans avoir besoin de mépriser les autres ou de les ignorer. Le patriotisme, c’est faire parler l’Histoire pour énoncer l’avenir.

La France on ne la défend pas derrière des lignes Maginot, derrière des barbelés, derrière des forteresses. La France c’est une économie qui doit être forte, c’est un modèle social qui doit être reconnu et qui doit donc s’adapter. La France c’est un art de vivre, c’est une culture, c’est une langue, la langue française, la culture française que nous offrons au monde parce que c’est un honneur lorsque dans le monde nos créateurs sont accueillis et que notre langue est parlée.

La France est notre patrie et l’Europe, comme l’avait dit François MITTERRAND, reste toujours notre avenir.

Voilà pourquoi la France se bat : pour que l’Europe protège les peuples et offre une espérance commune car on ne fera pas la France en défaisant l’Europe, pas plus qu’on ne fera entrer la France dans le XXème siècle par une porte de sortie.

Le patriotisme c’est la République. Ce sont des principes intangibles qui s’adaptent aux mouvements de notre société, la laïcité pour que l’on vive ensemble, la dignité de l’être humain, l’égalité entre les femmes et les hommes. Voilà pourquoi la France lutte de façon implacable contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre toutes les discriminations.
Le patriotisme enfin c’est de ne jamais être fatigué de servir la France. (…)

Regarder le discours de président François Hollande à l’occasion de l’inauguration de l’Anneau de la Mémoire et lire le texte sur le site de l’Elysée

publié le 20/11/2014

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