La Francophonie, quels échos en Russie ? (Yeltsine Center le 13 mars 2019)

Le discours du Consul Général sur le sujet de la Francophonie au Centre-Yeltsine, le 13 mars 2019, organisé en partenariat avec l’Alliance Française à Ekaterinbourg.

Добрый вечер, дамы и господа !

Спасибо большое. Я хотел бы поговорить с вами по-русски ... но эта тема кажется более естественной по-французски.
Я буду говорить по-русски в следующий раз.

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Merci à M. Alexandre Alexeievitch DROZDOV, Directeur exécutif du Centre-Yeltsine et à M. Denis KORNIEVSKII, Directeur des programmes, pour cette introduction. Effectivement la russophonie et la francophonie ont un combat commun à mener, celui du plurilinguisme, celui de la coexistence de plusieurs cultures, de l’entretien d’un écosystème dans le monde contemporain de langues et de cultures. C’est donc aujourd’hui l’ouverture de la semaine mondiale de la « francophonie ».

I. Qu’est-ce que la « Francophonie » ?
La francophonie peut s’écrire, en français, avec un grand F, ou un petit f.
Avec un petit f, il s’agit du fait de parler français. C’est cette fraternité des gens, des peuples, qui utilisent le français pour s’exprimer, que ce soit leur seule langue, leur langue maternelle, ou une deuxième langue. Ce mot a été créé à la fin du 19ème siècle. Il désigne aussi la communauté des personnes qui parlent le français. Aujourd’hui les « francophones » qui ont le français comme langue maternelle sont estimés à 80 millions, que ce soient les Français, les Belges, les Suisses ou les Québécois, ou encore des personnes appartenant à des communautés, des familles traditionnellement francophones à l’Ile Maurice, au Liban, en Algérie, voire en Egypte ou ailleurs.
A côté, il y a de plus en plus de francophones qui utilisent notre langue pour travailler, faire leurs études, pour leurs relations avec leur administration ou leur vie intellectuelle. Ces francophones peuvent avoir comme langue maternelle le wolof (Sénégal), l’arabe ou le berbère (Afrique du Nord). Chez nous il reste des Alsaciens qui ont comme langue maternelle l’alsacien, une langue dérivée de l’allemand proche du suisse-allemand et du néerlandais, qui n’apprennent le français qu’une fois qu’ils arrivent à l’école. Ils pratiquent un bilinguisme naturel, à l’instar de tous ceux qui chez vous en Bachkirie, au Tatarstan ou en Russie, ou plus encore en Inde, ont chez eux une langue locale, indienne ou le tatar, et dans leur vie scolaire, professionnelle, administrative ou universitaire le russe ou l’anglais.
Cette situation, de plus en plus fréquente, concerne pour le français environ 300 millions de personnes, 4% de la population mondiale, dont 212 millions en faisant un usage quotidien. Vous avez aussi beaucoup de Français dont les familles sont issues de l’immigration qui ont l’arabe ou une langue africaine comme langue maternelle, mais, vivant en France, apprennent le français comme deuxième langue à leur arrivée à l’école.
Pour en revenir à la francophonie, cette communauté de personnes utilisant le français, s’est historiquement trouvée confrontée à des questions communes : comment désigner de nouvelles réalités, de la vie moderne, provenant souvent du monde anglo-saxon, ou d’autres, en français de manière unifiée alors que le français est parlé sur les cinq continents ? Il s’est agi d’abord d’écrivains qui en 1926 se sont unis pour créer l’Association des écrivains de langue française (Adelf) ; ont suivi les journalistes, regroupés en 1950 au sein de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (aujourd’hui Union de la Presse francophone). En 1955, une Communauté des Radios publiques francophones est lancée avec Radio France, la Radio suisse romande, Radio canada et la Radio belge.
La « Francophonie institutionnelle »
C’est alors qu’est apparue la Francophonie avec un grand F : la francophonie institutionnelle. En 1960, la première institution intergouvernementale francophone voit le jour avec la Conférence des Ministres de l’Education (Confemen) qui regroupait au départ 15 pays. l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a suivi en 1967. Elle compte aujourd’hui 677 établissements d’enseignement.
Ces instances se sont institutionnalisées et ont donné naissance à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui regroupe aujourd’hui 88 États et gouvernements membres ou observateurs de l’OIF. Tous les deux ans se tient un Sommet des chefs d’État et de gouvernement – le Sommet de la Francophonie –, le dernier s’étant tenu à Erevan en Arménie (pays où d’ailleurs le russe est aussi largement parlé). La Secrétaire générale de la Francophonie est aujourd’hui la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Des « jeux de la francophonie » sont organisés tous les
L’OIF a aussi quatre « opérateurs » :
• l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
• TV5Monde, la chaîne internationale de télévision
• l’Association internationale des maires francophones (AIMF)
• l’Université Senghor d’Alexandrie (où tous les enseignements sont en français).
C’est là que se pose une question : pourquoi ? Cette institutionnalisation équivaut-elle à une politisation ?
Autour du français d’abord, on découvre des gens qui aiment notre langue, qui ont été ou sont sensibles à son génie, à sa beauté. Qui ont vibré pour ses plus beaux textes. Vous l’avez vu, il ne s’agit pas seulement de Français. Mais aussi de nombreuses personnes issues de pays anciennement colonisés par la France. Leur rapport à notre langue a évacué des épisodes de leur histoire parfois douloureux. Parmi les plus grands promoteurs de la francophonie vous trouvez des africains, vietnamiens. Trois personnalités historiques ont joué un grand rôle dans le mouvement : Léopold Sédar Senghor, l’ancien président du Sénégal, inventeur de la « négritude », la fierté d’être Noir, « nègre » (ce terme péjoratif désignant les Noirs sous la colonisation), mais aussi Bourguiba qui dès l’indépendance de la Tunisie en 1956 a imposé l’enseignement du français à tous les jeunes tunisiens. C’était courageux dans le contexte de l’époque (guerre d’Algérie à côté). Enfin le Prince Norodom Sihanouk du Cambodge.
Senghor disait : "Dans les décombres du colonialisme, nous avons trouvé cet outil merveilleux, la langue française". Il a de fait écrit des textes magnifiques, sur la femme noire par exemple. Pour donner un exemple personnel, j’ai été frappé ces dernières années par la beauté de la langue d’Assia Djebar, une écrivaine algérienne, entrée à l’Académie française, qui commence l’un de ses romans par une sublime description d’Alger, pleine de sensibilité, poésie, lumière, dans une langue magnifique.
C’est qu’il y a bien plus derrière le regroupement technique de personnalités autour de la langue française que des questions techniques. Il y a un amour.
Il m’est difficile de dire pourquoi notre langue est belle puisque c’est la mienne. Mais en ayant appris d’autres, je lui trouve notamment une particularité : est inscrite en elle, en chacun de ses mots, une histoire, une étymologie qui raconte une histoire latine, grecque. Pour comprendre un mot, il faut comprendre son étymologie. Celle-ci définit, précise le contour du signifié. C’est une évidence que chaque langue a son étymologie, mais la nôtre la porte dans sa (difficile) orthographe. Comme vous savez, j’ai vécu en Grande-Bretagne. J’aime beaucoup l’anglais, langue belle et très riche (plus que la nôtre encore). Mais elle est plus plastique, malléable. Elle s’enrichit quotidiennement de nouveau mots, issus d’onomatopées, d’un argot d’ici ou de là, de langues locales. Mais, composées beaucoup de mots monosyllabiques, elle n’a pas du tout le même rapport à son étymologie. Le sens de beaucoup de mots varie, dans le temps et l’espace. Beaucoup signifient à la fois différentes choses, ont un champ de signifié à la fois mouvant dans le temps, l’espace, l’usage. Et l’étymologie y est totalement oubliée, occultée. Bien plus que l’usage, roi en anglais, le français aime la logique, la rigueur de sa filiation étymologique. Il en résulte un sentiment plus vague en anglais. Un ami britannique parfaitement francophone lui-même reconnaissait qu’il trouvait le français plus précis, plus propre à exprimer des concepts notamment juridiques.
Et derrière cet amour de notre langue, il y a un amour des textes. Or, plus peut-être qu’en d’autres langues, en tout cas tant dans les textes français de nos auteurs de France, que dans ceux des « nouveaux » francophones des pays d’outre-mer se sont exprimées des valeurs d’émancipation, de liberté, mettant l’accent sur le libre arbitre, l’esprit critique. En France nous avons eu des penseurs comme Montaigne, Montesquieu, les philosophes des Lumières, Voltaire, Rousseau, Diderot. Tous se caractérisent par cette exigence de défense des libertés. Ils ont été rejoints par ceux qui, en leur temps, dans ces nouveaux pays francophones d’outre-mer, ont défendu leurs droits, l’égalité – qui ne leur était pas toujours reconnue. Notre langue est devenue, par cette histoire commune celle de l’émancipation, des droits de l’homme.
L’histoire est aujourd’hui apaisée, mais cette exigence est toujours là, au cœur de la Francophonie, ce mouvement institutionnel des francophones. Les pays francophones ont donc aujourd’hui une charte, qui défend, autour de notre langue, des valeurs : la démocratie, l’éducation, les droits de l’homme, les libertés fondamentales. S’y est ajoutée la défense de notre planète et de son climat.
Une question souvent posée : que faites-vous alors que le français est parlé par des personnes de religions si différentes ? Les valeurs citées ci-dessus transcendent ces religions. Outre celles que j’ai évoquées, il y a les droits de la femme et de l’enfant, sur lesquels nous ne transigeons pas.
Quelle place pour le français dans le monde contemporain ?
Mais nous vivons aujourd’hui dans un monde linguistiquement plus difficile. Il y a encore une ou deux générations le français était la langue des élites, des cours d’Europe, de la noblesse chez vous, de la diplomatie. Les conférences internationales se tenaient en français. Le Congrès de Vienne lui-même qui réunissait d’abord les vainqueurs de Napoléon n’a eu qu’une langue officielle, celle du vaincu, le français… une façon d’affirmer que la France perdurait et continuait à dominer – mais aussi que déjà le français n’appartenait pas seulement à nous, mais était un patrimoine qui dépassait largement nos frontières… comme aujourd’hui. Mais il ne domine plus du tout autant aujourd’hui qu’hier.
En nombre de locuteurs, le français vient aujourd’hui en 5ème position derrière :
L’anglais, la lingua franca des affaires et du milieu universitaire, de la recherche. Parlée dans 94 pays par 339 millions de locuteurs natifs, c’est la langue officielle des 20 organisations internationales les plus importantes. Dans la plupart des pays, c’est également la première langue étrangère enseignée dans les écoles. Elle est comprise par un tiers de la population mondiale. C’est une unification qui n’a pas de précédent dans l’histoire.
La langue anglaise tient en outre la première place au sein des langues les plus utilisées par les internautes avec près d’un milliard d’utilisateurs. Tout le monde d’internet, est dominé par les grandes entreprises américaines (Gafa…).
Le chinois compte 955 millions de locuteurs natifs, soit 14,4 % de la population mondiale. C’est, de loin, la langue la plus parlée dans le monde, avec un nombre de locuteurs s’élevant à 1 milliard de personnes. Mais rien au-delà des locuteurs natifs : très peu pratique, freinée dans son développement de demain par son écriture.
Même s’il n’est pas nécessairement perçu comme une langue d’affaires, l’espagnol, avec 405 millions de locuteurs natifs, est la deuxième langue la plus parlée au monde après le mandarin (y compris 37 M. aux Etats-Unis).
Avant le français vient aussi l’arabe, parlé par 295 millions de personnes à travers le monde. C’est la langue officielle de 28 pays différents.
Le Russe compte 155 millions de locuteurs natifs en Europe centrale, Europe de l’Est et Russie. C’est la huitième langue la plus utilisée dans le monde, mais la deuxième pour les contenus de sites Internet après l’anglais.
Malgré cela, le français, grâce à l’Afrique est la grande langue qui connait la progression la plus rapide : le nombre de francophones approchera les 700 millions en 2050 soit 8 % de la population mondiale (1 personne sur 12), et 85 % de ces francophones seront en Afrique du fait de la croissance démographique6. Le français devrait alors dépasser l’espagnol et l’arabe.
Pourquoi, en Russie devrait-on s’intéresser à la francophonie ?
Un combat commun contre le monopole de l’anglais, pour la défense de nos grandes cultures :
D’abord, car, le français, le russe, avec le chinois, l’espagnol et l’arabe ont un combat commun à mener contre l’expansion exclusive de l’anglais. Nous ne sommes pas sans raison les représentants de l’une des langues officielles des Nations Unies. Nous représentons chacun un grand nombre de pays et de locuteurs, de vastes territoires, des histoires, littératures, cultures qui comptent. Si nous n’y prenons garde, le monde marginalisera de plus en plus toutes les langues autres que l’anglais. Note combat est celui du multilinguisme qui est en fait extrêmement naturel dans notre monde contemporain : de plus en plus de gens aujourd’hui vivent dans deux langues (ou plus).
Le russe et le français ont donc un combat commun à mener : celui du multilinguisme. De fait, la francophonie a pris la tête de ce mouvement. Derrière, il y a celui du multiculturalisme. L’anglais là-encore est dominant par les films, les jeux-vidéos, sa presse audio-visuelle et écrite. Vous et nous avons aussi des littératures immenses à défendre, du théâtre, de la poésie, nos immenses cultures. Nos histoires aussi, qui sont mondiales.
Sur le plan politique, la France a rendu obligatoire l’apprentissage dans notre système éducatif de deux langues vivantes. Nous savons qu’en France la plupart des enfants choisiront d’apprendre l’anglais. Cela ne suffit pas, ils apprennent aussi une autre langue étrangère, l’espagnol, l’allemand, mais aussi le russe. C’est une façon aussi de mieux connaître notre continent tout entier qui est l’espace d’une grande culture européenne, héritière de la Grèce et de Rome, bien distincte des autres… à laquelle nous sommes très attachés et qui nous rattache à vous en Russie.
Les experts en neurosciences considèrent aussi que les enfants élevés dans le plurilinguisme développent aussi d’autres talents : se mettre à la place de l’autre, relativiser, la connaissance d’autres grammaires développe la logique, le sens de la déduction, l’attention aux détails. Les mots en chaque langue sont aussi porteurs d’autres associations sémantiques. Il y a une interfécondation avec les autres matières, y compris scientifiques, comme on sait que la musique est importante pour tous les enfants.
Défendre un écosystème linguistique :
Mais ce combat n’est pas seulement celui des grandes langues. A côté des « grandes langues », il existe aujourd’hui environ 7 000 langues vivantes. Les plus petites se limitent à quelques milliers de locuteurs, dans les jungles de Bornéo ou les toundras circumpolaires, chez vous.
Même la plus « petite » langue a son génie propre, porte sa culture, son histoire, ses traditions. Par sa culture, elle explore à sa manière une partie de l’âme humaine. Certaines ont des particularités qui n’existent dans aucune autre. Or on estime qu’une langue vivante meurt, disparaît tous les 15 jours. La francophonie défend aussi ce vaste écosystème linguistique porteur d’un patrimoine unique.
Vous avez au nord de la Sibérie des langues menacées et êtes donc concernés. Nous aussi. De nombreuses langues régionales ont déjà disparu en France. Certaines, comme le breton, sont menacées. Le breton n’est plus la langue maternelle que de personnes âgées de plus de 60 ans et n’est plus parlée que par quelques milliers de personnes. Or elle représente la seule langue héritière du gaulois. Ce ne sera plus la même chose quand elle ne sera plus qu’apprise par des jeunes ayant le français comme langue maternelle.
Le Français appartient à l’histoire de la Russie et du russe
Enfin, le français est pour vous important car le russe est l’une des langues que je connaisse qui a fait le plus d’emprunts au français. Vous avez dans votre langue des milliers de mots empruntés directement à la nôtre. Ils retracent une histoire : deux de vos plus grands Tsars, Pierre le Grand et Catherine II étaient amoureux de la France, chacun à leur façon. Le premier a voulu moderniser la Russie et s’est inspiré autant qu’il a pu de notre pays, important dans votre langue des pans entiers de vocabulaire français dans l’ameublement, la mode, l’armée et la marine. Catherine II, esprit brillant, était l’ami des philosophes français des Lumières.
Votre langue porte en elle les relations culturelles de part et d’autre de l’Europe. On dirait que derrière chaque mot pourrait se cacher une histoire : celle de tel ou tel français venu monter un restaurant de cuisine française, de tel ou tel français venu ouvrir une fabrique de parfums à Moscou… monter tel ou tel spectacle, pièce de théâtre, concert…
Certains de nos mots, chez vous, signifient autre chose, ou conservent un sens qu’ils n’ont plus chez nous. C’est le cas du mot « insulte », qui chez vous signifie une attaque cérébrale. Or, étymologiquement, c’est vous – et le français du 18ème siècle dont votre mot est issu – qui avez raison. Certains conservent la trace d’un art de vivre, de coutumes désuètes : dans « парикмахер », le coiffeur, on retrouve la « perruque » française et l’allemand « macher » (fabricant).
Un historien pourrait écrire un tel livre relatant les anecdotes autour de l’importation de chaque mot. Ils prouvent la continuité de nos cultures : d’un bout à l’autre de l’Europe nous partageons les mêmes façons d’exprimer les variations de l’âme : théâtre, musique, cinéma, danse, peinture : vous comme nous vibrons de la même façon face aux chefs d’œuvre. Comme si Dostoïevski ou Stendhal étaient aussi proches d’un lecteur français que d’un lecteur russe.
Cette communauté, cette continuité de culture me frappe ici, aux portes de l’Asie, qui elle, nous est profondément différente par ses modes d’expression.
Pour connaître votre propre langue, connaître l’histoire de vos mots, le français est important. C’est une façon de vous connaître vous-même. On sait que les peuples qui réussissent le mieux à comprendre le monde contemporain sont ceux qui se connaissent eux-mêmes le mieux, connaissent leur histoire, leur génie national et en sont fiers. C’est à partir de leurs propres références qu’ils peuvent faire des comparaisons fécondes, qui le sont d’autant plus que ces références sont solides.
Défendre la francophonie en Russie est agréable : tous les jours je rencontre d’excellents professeurs, d’excellents francophones. Vos méthodes d’apprentissage des langues sont meilleures que toutes celles que j’ai connues. Comme je rencontre tous les jours de nouveaux mots russes qui viennent du français. Cela confirme la fraternité de nos combats pour le russe, le français, mais aussi le multilinguisme, le multiculturalisme et les valeurs d’ouverture, d’exigence intellectuelle et culturelle, d’éducation.
Ces combats sont importants pour nos pays, mais aussi pour tous les peuples du monde. Je vous remercie./.

publié le 19/03/2019

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