Interview de S.E M. Jean-Maurice Ripert à Interfax - 2 juillet 2014

Monsieur l’Ambassadeur, la crise ukrainienne portera-t-elle préjudice aux relations bilatérales franco-russes ? Comment nos relations vont-elles se développer, selon vous ?

A l’automne dernier, avant la crise ukrainienne, nous nous sommes réunis dans le cadre du séminaire intergouvernemental, qui a montré l’importance des investissements français en Russie. D’après les chiffres fin 2013, le montant des investissements s’élevait à 11,5 milliards d’euros. Parallèlement, les investissements russes en France étaient assez faibles.

Nous avons également évoqué l’importance de nos échanges économiques bilatéraux : la Russie est le troisième partenaire de la France hors Europe, et la France, le quatrième partenaire de la Russie.

La Russie est un partenaire important pour nous, quelques centaines d’entreprises françaises sont actives sur ce marché. Le plus souvent, les entreprises françaises investissent dans des ‘joint-ventures’. Et nous souhaitons conserver ce partenariat important pour nos deux pays.

Bien entendu, nous ne pouvons pas faire comme s’il n’y avait pas de crise en Ukraine, et qu’il n’y en avait pas eu. Nous souhaitons apporter notre contribution et favoriser, en collaboration avec la Russie, le règlement de la crise ukrainienne pour ramener la confiance.

Mais il y a d’autres questions non moins importantes. Il est nécessaire que la confiance soit rétablie aussi entre l’UE et la Russie, parce que nos relations économiques et commerciales s’effectuent en grande partie dans le cadre de l’Union européenne.

Il y a tout un ensemble de difficultés d’ordre économique. Des divergences existent dans le domaine aéronautique, dans la conclusion d’accords bilatéraux sur la réglementation de la navigation aérienne ; il existe des problèmes autour de l’embargo sur la viande – en un mot, tout un ensemble de questions qu’il importe de régler. Et tout cela n’a rien à voir avec la crise ukrainienne.

La Russie a adhéré à l’OMC en partie grâce à un très fort soutien de la France et de l’Union européenne. Nous comprenons que la Russie a besoin de temps pour appliquer toutes les règles de l’organisation, mais nous considérons également que la Russie doit prendre des engagements conformes à son statut de grande puissance et d’économie mondiale développée déjà à de nombreux égards. Tout cela doit être résolu, mais cela est possible uniquement dans le cadre d’un dialogue de confiance.

Et il faut reconnaître ici que la crise ukrainienne, qui n’est pas la cause de ces difficultés, complique leur résolution.

http://www.interfax.ru/384004

publié le 07/07/2014

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