Interview à l’hebdomadaire « Gorod N » (Rostov-sur-le-Don, 23 novembre 2010)

Quels sont les intérêts principaux de la France dans la région de Rostov ?

- La présence française à Rostov n’est pas négligeable. La société Degrémont a été choisie récemment pour construire une usine de traitement des boues à Rostov. Des coopérations existent également dans le secteur énergétique, en particulier dans l’énergie nucléaire. Un potentiel important existe également en matière de coopération agricole. Je suis venu avec une délégation d’entreprises françaises qui souhaitent mieux connaître une région où elles ont à terme l’intention de développer leur activité.

Quelles sont les actions concrètes prévues par l’accord de coopération entre la région de Rostov et la France ?

- Cet accord, que je signerai avec M. Golubev, gouverneur de la région de Rostov, prévoit la réalisation d’une trentaine de projets dans de nombreux secteurs. Sur le plan économique, sont prévus des échanges de délégations d’hommes d’affaires et des participations d’entrepreneurs de la région de Rostov à des salons en France, ainsi que des investissements dans le secteur de la construction et de l’industrie agroalimentaire. Un accent particulier sera mis sur la promotion du français dans les écoles et universités de la région ; les villes du Mans et de Rostov intensifieront leur coopération administrative.

Quel impact pourrait avoir sur le nombre de touristes français dans notre région la suppression du régime des visas entre la Russie et l’Union européenne ?

- Le Sud de la Russie présente à l’évidence de nombreux atouts, liés à la diversité de ses paysages, à la douceur de son climat, à son riche patrimoine historique et culturel : nous avons d’ailleurs organisé à Rostov un séminaire sur le développement du tourisme l’année dernière. La France souhaite la suppression du régime des visas entre l’Union européenne et la Russie. Naturellement, la suppression des visas aura un impact significatif sur le tourisme en Russie : nombreux sont les Français qui écartent la Russie de leurs projets de vacances à cause du visa. Celui-ci n’est pas si compliqué à obtenir, mais comme les Russes eux-mêmes le savent bien, cela représente une perte de temps et des formalités administratives qui, à notre époque, paraissent un peu dépassées.

Pourquoi y-a-t-il eu si peu de manifestations à Rostov dans le cadre de l’année France-Russie 2010 ?

- L’année France-Russie a concerné près de cinquante villes, et il est difficile d’être partout ! Sur les quelques 400 manifestations qui ont jalonné cette année France-Russie dans nos deux pays, pas moins de sept ont eu lieu dans votre ville : des pièces de théâtre contemporain, des concerts de jazz, de musique bretonne et de musique classique avec la venue de l’orchestre de chambre « La voix de Strasbourg », et l’exposition photographique « Pékin-Amour-Paris ».

Existe-t-il des mesures concrètes en matière de coopération scientifique ?

- La France est très intéressée à intensifier sa coopération avec la Russie dans le domaine de l’innovation et de la recherche. Dans la région de Rostov même, existent de nombreux partenariats avec des universités françaises, en particulier avec l’Université Russe des Transports et des Voies de Communication, l’Université d’Etat d’Economie, l’Université Technique d’Etat et surtout l’Université Fédérale du Sud. C’est avec cette université que nous souhaitons développer notre coopération, qui est à mon avis en deçà de son potentiel. Je tiens ici à souligner la qualité de la relation que nous entretenons avec L’Université Russe des Voies de Communication, qui nous a apporte toujours un soutien précieux lorsque nous organisons des rencontres universitaires franco-russes à Rostov, comme en juillet 2009.

Propos recueillis par Ioulia Uraktcheeva

publié le 09/02/2011

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