Déplacement à Moscou du Président Hollande

François Hollande suite à son entretien avec Vladimir Poutine : "Nous devons utiliser tous les instruments pour sortir de cette crise".

Lors de leur rencontre à Moscou, François Hollande et Vladimir Poutine ont réaffirmé la nécessité de trouver une solution en Ukraine.

François Hollande à Moscou : "Nous devons éviter qu’il y ait d’autres murs qui viennent séparer."
Publié le 08 Décembre 2014

LE PRESIDENT POUTINE – Merci d’avoir trouvé le temps et d’avoir fait cette escale à Moscou avant votre retour à Paris, comme convenu en Australie. Merci d’avoir accepté de discuter pendant quelques minutes de ces problèmes que nous devons résoudre. Je suis très heureux de vous revoir, soyez le bienvenu.

LE PRESIDENT – M. Le Président, je survolais Moscou. Je voulais donc m’arrêter un moment ici pour discuter avec vous de la crise ukrainienne, de ce qu’elle génère comme souffrances, d’abord pour le peuple ukrainien, mais aussi pour l’Europe et la Russie. Je pense que nous avons tout intérêt à pouvoir poursuivre les discussions que nous avions eues au G20.

Je sais qu’entre la Russie et la France, il y a la volonté – nous l’avions montrée lors du 6 juin dernier – de chercher des solutions et de les chercher ensemble. J’ai souhaité, avec Angela MERKEL, que nous puissions toujours avoir ce contact. Entre la France et la Russie, il y a l’histoire et il y a aussi la nécessité. Nous devons trouver des solutions, toujours trouver des solutions.

Je reviens du Kazakhstan. Il y a aussi de l’inquiétude, là-bas comme partout, par rapport à la situation qui existe. Je pense qu’il y a, à un moment, les occasions qu’il faut saisir. Nous en sommes arrivés là.

LE PRESIDENT POUTINE – Monsieur le Président, c’est vous qui avez initié la rencontre en Normandie pour discuter de ces problèmes dont vous avez parlé. Ces problèmes sont bien difficiles, mais je crois que nos discussions ont des résultats positifs. Votre visite d’aujourd’hui, quoi qu’elle soit assez courte, est une vraie visite de travail. Elle va donner aussi des résultats et des avancées. On va avancer ensemble.

LE PRESIDENT – Merci d’avoir d’ailleurs accepté de bousculer l’emploi du temps et de me recevoir, ici, même brièvement. Mais on prendra le temps ! Parce que j’ai écouté le discours que vous avez prononcé il y a quelques heures. Je pense que nous devons éviter qu’il y ait d’autres murs qui viennent nous séparer. A un moment, il faut aussi être capable de dépasser les obstacles et de trouver des solutions. Merci.

Suite à son entretien avec Vladimir Poutine, à Moscou, la président de la République a appelé à appliquer le protocole de Minsk dans son intégralité.

Le texte de la déclaration.
Publié le 08 Décembre 2014.

« J’ai saisi l’occasion qui m’était donnée, revenant du Kazakhstan, d’avoir une rencontre avec le Président POUTINE. Nous avons, bien sûr, parlé de l’Ukraine, mais pas seulement de l’Ukraine.

De l’Ukraine, parce que la France veut que cette crise se termine. C’est une souffrance. Une souffrance d’abord pour les Ukrainiens. Une souffrance aussi parce qu’il y a des sanctions. Une souffrance parce qu’il n’y a pas, avec la Russie, les échanges qui devraient être normalement établis.

Nous devons donc utiliser tous les instruments pour sortir de cette crise. L’instrument qui est à notre portée, c’est tout simplement ce qu’ont signé les protagonistes eux-mêmes, c’est-à-dire le protocole de Minsk. C’était au mois de septembre dernier. Vous savez que la France avait initié ce processus, d’une certaine façon, avec l’Allemagne, à l’occasion de ce que l’on a appelé le « sommet de Normandie ». C’était le 6 juin. Six mois après, nous devons faire en sorte que cet accord de Minsk, qui a été signé au mois de septembre, puisse s’appliquer dans son intégralité.

Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que le cessez-le-feu qui sera proclamé, demain ou après-demain, puisse être effectif, c’est-à-dire pleinement, entièrement, respecté. Cela veut dire ensuite qu’il y ait des échanges de prisonniers, comme cela était prévu, qu’il y ait aussi un dialogue politique entre Ukrainiens, dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. C’est un principe essentiel. Cela veut dire enfin qu’il puisse y avoir le respect des frontières, notamment entre l’Ukraine et la Russie. Sur tous ces points, il doit y avoir maintenant, non pas simplement des avancées, mais des résultats.

J’ai également abordé avec le Président POUTINE les questions relatives à l’Iran, notamment ce qui doit être négocié pour que l’Iran renonce à l’arme nucléaire, et la Syrie, où nous devons faire en sorte qu’une solution politique puisse être trouvée – en même temps que nous sommes obligés d’agir contre Daech, contre le terrorisme.

C’est important, quand il y a des moments de crise, que la France soit à l’initiative. Elle l’a été, il y a encore quelques mois – j’évoquais le « sommet de Normandie » avec Angela MERKEL. Elle l’est encore et elle le sera toujours. Car le rôle de la France, c’est de chercher des solutions et d’éviter que des problèmes puissent dégénérer.

Aujourd’hui, je voulais, avec le Président POUTINE, envoyer un message qui est celui de la désescalade. Et aujourd’hui, elle est possible. Merci. »

publié le 15/12/2014

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