Ukraine-Déclaration du Président à Tulle au sujet du conflit

En déplacement en Corrèze, le président François Hollande est revenu sur son initiative diplomatique aux côtés d’Angela Merkel visant à mettre un terme au conflit en Ukraine.

Q Etes vous confiant qu’il puisse y avoir un accord dès demain ?

Nous faisons tout avec la Chancelière pour qu’il y ait un accord. Mais pour qu’il y ait un accord il faut que les acteurs eux mêmes l’acceptent ; le veuillent. Ils le cherchent. A nous de les conduire vers la conclusion. Nous avons passé une nuit à Kiev et une nuit à Moscou.

Pourquoi avons nous lancé cette initiative ? Parce que la Chancelière et moi considérons qu’il y a un risque de guerre aux portes de l’Europe. Il y a déjà de nombreuses victimes civiles. Nous avons préparé un texte d’abord avec les Ukrainiens puis nous en avons discuté avec le président Poutine. Nous devons rapprocher encore les points de vue. C’est la raison pour laquelle il y aura dimanche un échange par téléphone, avec le président Poutine, avec le président ukrainien pour que nous soyons le plus près du but. Mais tant que le but n’est pas atteint, tant qu’un accord n’est pas signé, il y a un risque. Je voulais que rien ne soit dit sur les responsabilités des uns et des autres avant qu’on ait pris un certain nombre d’initiatives et d’engagements.

La France a joué un rôle majeur, avec l’Allemagne, pour dénouer cette situation. Mais avec Mme Merkel nous ne réussirons pas seuls. Nous avons pris nos responsabilités, maintenant c’est à toutes les autres parties d’être à la hauteur de ce qui est attendu d’eux.

Q Etes vous plus optimiste que vous n’étiez avant de faire ce voyage ?

Je savais que ça serait difficile. Je savais que c’était risqué. Mais je savais que c’était indispensable. Je suis dans le processus et ne veux pas donner de pronostics. Je suis dans la recherche qui prendra encore quelques jours pour aboutir à une conclusion.

Et je le fais en tant qu’Européen, parce que je considère que ce qui se passe aux portes de l’Europe nous intéresse directement. Je le fais aussi en tant qu’ami de la Russie car je ne veux pas que la Russie s’isole du reste de l’Europe et du reste du monde. Je le fais aussi en tant que Français, car la France doit toujours être à l’initiative. Ce qui se produit là est aussi une belle image de l’alliance de la France
et de l’Allemagne au service de la paix.

Q Vous vous êtes entretenu avec M. Obama pour le tenir au courant de ces négociations ?

Il y a eu des contacts pris par les ministres des Affaires étrangères et aujourd’hui encore Laurent Fabius doit s’entretenir à Munich avec son homologue américain. Nous tenons les Américains informés, je sais qu’ils regardent avec intérêt ce que nous faisons, mais nous le faisons en tant qu’Européens.

Q Est ce la tentative de la dernière chance ?

Je pense que c’est une des dernières chances. C’est pour cela que nous avons pris cette initiative. Si nous n’arrivons pas à trouver non pas un compromis mais un accord durable de paix, nous connaissons parfaitement le scénario, il a un nom : la guerre.

publié le 11/02/2015

haut de la page