Conférence de L’Ambassadeur à l’Institut de l’Europe de l’Académie des Sciences de Russie (17 avril 2018) [ru]

L’Ambassadeur, Mme Sylvie Bermann, est intervenue sur les relations franco-russes, le 17 avril, à l’Institut de l’Europe de l’Académie des Sciences de Russie, à l’invitation de son président M. Alexeï Gromyko. Constatant la proximité qui existe entre nos deux pays depuis plusieurs siècles, elle s’est interrogée sur les causes des turbulences actuelles entre la Russie et l’Occident, qualifiées par certains d’atmosphère de nouvelle Guerre froide.

Extraits de son discours :

Pour le diplomate français à Moscou, cette proximité entre nous est évidente. Depuis mon arrivée il y a près d’un an, j’ai pu le constater : l’accueil réservé par tous mes interlocuteurs, dans les rencontres officielles comme dans les contacts personnels, le démontre. (…) Cette proximité entre nos deux peuples, il faut la cultiver et la faire fructifier. (…)

A Paris et à Moscou, nos points de désaccords néanmoins persistent ; et nos accords restent parfois entachés d’un manque de confiance, si bien qu’ils ne sont pas en mesure de susciter à eux-seuls une dynamique positive dans les affaires du monde. (…) Notre conviction est que la Russie fait partie de l’Europe, même si elle y occupe une part qui lui est propre, qui est unique. Les Français, les Russes, les Européens, nous avons de nombreux autres défis à relever ensemble : le terrorisme, le réchauffement climatique, les migrations, la prolifération des armes de destruction massive, les enjeux numériques, et bien d’autres. (…)

Le Président Macron a tenu, dès son investiture, à inviter son homologue à Versailles en mai 2017. C’était un geste fort, à la mesure de la responsabilité commune de nos deux pays. (…) Dans nos relations diplomatiques, la part de litanies, parfois acrimonieuses, est devenue excessive. En réalité, les torts sont partagés. Pour paraphraser Renan qui parlait de la nation, faire de la diplomatie c’est vouloir faire des choses ensemble, mais c’est aussi savoir en oublier certaines. (…) Le maintien et le développement, aujourd’hui, de contacts denses et réguliers entre nos sociétés est le gage d’une meilleure coopération entre nous demain. Les remettre en question au nom d’intérêts de court terme hypothèquerait l’avenir de nos relations et de la stabilité en Europe. (…)

La Russie a besoin à ses côtés d’une Union européenne forte et unie. C’est bien sûr d’abord la responsabilité des européens mais aussi celle de la Russie, notre plus grand voisin, de voir l’Union européenne non comme une menace, mais comme une chance pour la stabilité régionale. Notre questionnement commun doit porter sur les intérêts communs entre la Russie et l’ensemble de l’UE, pour développer des coopérations dans ces domaines.

publié le 18/04/2018

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