Communiqué – Décès de Charles Aznavour

Charles Aznavour, l’une des plus belles plumes et l’une des voix les plus émouvantes de la chanson française, nous a quitté aujourd’hui. Il chantait si bien les élans du cœur, les joies et les peines du quotidien, il posait des mots si justes et si forts sur ce que nous sommes, et depuis tant de temps, que même les moins de vingt ans ne peuvent pas ne pas être endeuillés.

Auteur éloquent et élégant, ses mots nous racontaient avec poésie. Mélodiste hors pair, ses airs accompagnaient nos vies. Lui, le fils d’immigrés, était le chantre de l’esprit français et de la vie parisienne, capable de croquer comme nul autre la vie de bohème des artistes de Montmartre ou de décrire la vie de scène qu’il aimait tant. Il était l’exégète des grands sentiments, chantant aussi bien l’appel du large, le temps qui passe et la nostalgie d’une jeunesse envolée, la perte et le deuil, que l’incompréhension d’un jeune homosexuel face aux conservatismes.

Puisant son inspiration au plus profond de ses racines, il signa plus de 1000 titres qui traversèrent les époques, les langues et les frontières. Amoureux de tous les arts, Charles Aznavour était aussi un grand comédien, sur scène comme à l’écran, ciselant des gestes précis et inspirés pour faire vibrer ses chansons par-delà les mots, par-delà sa voix, par toutes les fibres de son corps, et incarnant avec justesse des personnages complexes pour le septième art. Il reçut en 1997 un César d’honneur pour l’ensemble de son œuvre et notamment pour son travail avec François Truffaut et Henri Verneuil. Mais c’est sans doute son rôle dans Ararat, ce film relatant le génocide arménien, qui fut le plus bouleversant. Car Charles Aznavour incarnait là son histoire, celle d’une Arménie qu’il ne cessa jamais de défendre, au travers de sa fondation, de chanter, et de faire rayonner en tant que représentant de cette jeune République auprès des Nations Unies. L’Arménie était sa cause, mais la France était sa vie : Charles Aznavour soulignait toujours ce qu’il devait à notre patrie où, de scènes de café en cabarets, de premières parties en enregistrements, et de grands succès en tournées triomphales, il façonna, lui à qui on avait dans sa jeunesse déconseillé de chanter, sa légende de poète de la langue française et de monument de la chanson. Combien eut-il raison, contre beaucoup d’abord, pour le bonheur de tous ensuite, de se voir tout en haut de l’affiche !

Le Président de la République exprime ses condoléances à l’épouse et aux enfants de Charles Aznavour.

publié le 02/10/2018

haut de la page