Allocution de l’Ambassadeur au vernissage d’une exposition photographique sur l’Antarctique (3 juin 2019) [ru]

Le 3 juin, l’Ambassadeur a participé au vernissage d’une exposition de photographies du continent austral au Ministère des ressources naturelles et de l’écologie, en présence du vice-ministre Sergueï Yastrebov.

A cette occasion, elle a rappelé les risques portant sur la biodiversité dans l’Antarctique, et l’engagement de la France pour la création d’un réseau d’aires marines protégées dans la région. L’exposition était co-organisée par les ONGs Clean Seas et Antarctic and Southern Ocean Coalition.

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Découvrez le discours de l’Ambassadeur :

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse de participer à cet événement, entourée de photographies de l’Antarctique, d’une beauté à couper le souffle. La France est un pays de l’Antarctique. Un petit territoire appelé Terres australes et antarctique françaises (TAAF) et quelques ilots appartiennent à la République française.

C’est pourquoi nous nous intéressons de près à ce qui s’y passe. Et la situation n’est pas bonne. Des études montrent que la diversité diminue, certaines espèces atteignant des niveaux de présence critiques. C’est le cas d’un petit crustacé appelé krill, par exemple. Le krill étant une maillon primordial de la fragile chaîne alimentaire de l’Antarctique, cette situation critique se répercute sur les autres espèces, posant les bases d’une catastrophe écologique.

Par conséquent, la France et d’autres pays like-minded conduisent un travail à l’intérieur de la Commission pour la Conservation de la flore et de la faune marines de l’Antarctique afin de créer un réseau d’aires maritimes protégées (AMP) dans cette région du monde. Il ne s’agit pas d’interdire la pêche dans ces zones, mais de créer des zones de pêche régulée.

En 2016, nous avons fait un progrès phénoménal avec la création d’une AMP dans la mer de Ross. Cela a été rendu possible grâce à l’aide de la Russie et d’autres pays. Aujourd’hui, nous devons poursuivre ce travail. De nouveau projets sont en gestation : dans l’Est de l’Arctique, par exemple, où la France avec l’Australie et l’Union européenne plaident pour la création d’une nouvelle aire protégée. Cet enjeu est à l’heure actuelle l’une des priorités de politique étrangère environnementale de notre gouvernement.

Le sujet a acquis une nouvelle visibilité avec la sélection du projet Antarctica 2020 parmi les projets de gouvernance susceptibles de bénéficier d’un soutien particulier au Forum de Paris pour la Paix. Comme vous le savez, ce nouveau forum a été créé par le président Macron afin d’identifier des modèles innovants de gouvernance mondiale.

Depuis, nous avançons dans la bonne direction. Ce sujet était à l’agenda de la visite du président Xi Jinping à Paris en mars dernier. Et nos amis chinois se sont montrés disposés à aller de l’avant à cette occasion. Il n’existe pas de solution toute prête concernant les AMP, et nous comptons discuter chaque paramètre pour répondre aux préoccupations de tous les pays concernés.

Nous espérons maintenant, avec le soutien de la Russie, qui a joué un rôle central dans la découverte de ce continent il y a 200 ans, que nous serons capable d’avancer lors de la prochaine réunion de la Commission.

Merci de votre attention.

publié le 06/06/2019

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