330 ans de la naissance de Joseph-Nicolas Delisle (1688-1768) [ru]

Joseph-Nicolas Delisle
1688 - 1768

Joseph-Nicolas Delisle est issu d’une famille célèbre : son père, l’historien et géographe Claude Delisle (1644-1720), son frère aîné, le géographe royal Guillaume Delisle (1675-1726), et autre frère Louis, astronome voyageur qui prend le nom de sa mère pour se distinguer de ses frères et se fait appeler M. Delisle de la Croyère.

En 1706, Delisle achève ses études au collège Mazarin et observe une éclipse totale du Soleil, ce qui le décide à devenir astronome afin d’élucider ce phénomène et de pouvoir le prédire. Se passionnant pour l’étude de l’astronomie et des mathématiques, il fréquente l’Observatoire de Paris dont le fondateur, J. D. Cassini (1625-1712), l’associe à ses travaux sur les tables astronomiques. Dès 1712, il commence des observations régulières et, le 20 mars 1714, il est élu élève astronome à l’Académie royale des sciences de Paris.

Toutefois, la reconnaissance de ses mérites scientifiques ne lui apporte pas l’aisance matérielle que ses origines modestes ne peuvent lui garantir.

C’est donc avec enthousiasme qu’il accepte l’invitation de Pierre le Grand – avec lequel il s’était entretenu à Paris au cours de l’été 1717 – à se rendre en Russie. Avant de confirmer son accord, il envoie au Tsar la liste des sujets astronomiques, géographiques et physiques dont il souhaiterait s’occuper au sein de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. Une fois ses projets acceptés, Joseph-Nicolas Delisle part pour Saint-Pétersbourg, où on lui accorde toute latitude intellectuelle et tout l’argent nécessaire pour conduire ses recherches. Les activités scientifiques de Delisle sont multiples et variées. Elles concernent l’astronomie d’observation et l’astrométrie, la mécanique céleste et l’astrophysique, la géodésie et la cartographie, la météorologie et la physique. En outre, il porte une attention toute particulière à l’histoire, à l’orientalisme, à la biologie, à la philologie et à l’histoire des sciences.

Alors que le contrat initial le liant avec la Russie avait été conclu pour une durée de quatre ans, Joseph-Nicolas Delisle reste vingt-deux ans au total dans ce pays. Connu pour avoir créé le premier observatoire de Russie et formé toute une génération d’astronomes, Joseph-Nicolas Delisle tente – avec ses nombreux contacts –, mais sans succès, de constituer la première carte complète de l’Empire russe. Durant les mêmes années, il publie à Saint-Pétersbourg ses observations sur les éclipses des satellites de Jupiter dans les six premiers volumes des Commentarii de l’Académie impériale des sciences. Les données physiques et météorologiques que Joseph-Nicolas Delisle recueille lui permettent de mettre au point un thermomètre universel et de le distribuer largement. La publication de 1738 concernant cet instrument contient aussi des données sur les observations faites par lui-même et son frère sur les aurores boréales en Russie.

En 1743, il résume ses travaux sur Mercure, commencés en 1723, dans une lettre à Cassini, qui sera plus tard publiée dans les Mémoires de l’Académie des sciences.

De retour à Paris en 1747, il participe régulièrement aux travaux de l’Académie des sciences et reprend ses activités à l’Observatoire du Palais du Luxembourg, tout comme son enseignement au Collège royal. Constatant l’importance de son travail et la qualité de sa correspondance avec les autres savants de l’époque, Joseph-Nicolas Delisle se voit proposer l’achat de ses collections contre une rente annuelle de 3 000 livres et le titre d’astronome de la marine. Enfin, il obtient la construction d’un nouvel observatoire à l’Hôtel de Cluny où l’un de ses élèves, Charles Messier, pourra, en 1758, étudier le passage de la comète de Haley, comme l’avait prévu Joseph-Nicolas Delisle dès 1757.

À partir du début des années 1760, il se retire peu à peu de la vie scientifique et meurt d’une crise d’apoplexie en 1768.

PNGPNG

Source : Gaël-Georges Moullec, Tatiana Zazerskaia, « La Russie à l’Académie des sciences : 300e anniversaire de la visite en France de Pierre le Grand, membre de l’Académie royale des sciences », préface d’Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie en France, Editions Hermann, Paris, 2017, 241p.
http://www.academie-sciences.fr/fr/la-russie-a-l-academie-des-sciences.html

publié le 04/04/2018

haut de la page